‹ Choix de poésiesChapitre 13 sur 55 · COMPLAINTE DU FŒTUS DE POÈTE · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DU FŒTUS DE POÈTE

Blasé dis-je ! En avant, Déchirer la nuit gluante des racines, A travers Maman, amour tout d'albumine, Vers le plus clair ! vers l'aime et riche étamine

D'un soleil levant !

Chacun son tour, il est temps que je m'émancipe. Irradiant des Limbes mon inédit type !

En avant !

Sauvé des steppes du mucus, à la nage Têter soleil ! et saoul de lait d'or, bavant, Dodo à les seins dorloteurs des nuages,

Voyageurs savants !

— A rêve que veux-tu, là-bas, je vivrai dupe

D'une âme en coup de vent dans la fraîcheur des jupes !

En avant !

Dodo sur le lait caillé des bons nuages .Dans la main de Dieu, bleue, aux mille yeux vivants Au pays du vin viril faire naufrage !

Courage, Là, là, je me dégage . . .

— Et je communierai, le front vers l'Orient, Sous les espèces des baisers inconscients !

En avant !

Cogne, glas des nuits ! filtre, soleil solide ! Adieu, forêts d'aquarium qui, me couvant, Avez mis ce levain dans ma chrysalide !

Mais j'ai froid ? En avant !

Ah ! maman . . .

Vous, Madame, allaitez le plus longtemps possible Et du plus Seul de vous ce pauvre enfant-terrible.

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