COMPLAINTE DU FŒTUS DE POÈTE
Blasé dis-je ! En avant, Déchirer la nuit gluante des racines, A travers Maman, amour tout d'albumine, Vers le plus clair ! vers l'aime et riche étamine
D'un soleil levant !
Chacun son tour, il est temps que je m'émancipe. Irradiant des Limbes mon inédit type !
En avant !
Sauvé des steppes du mucus, à la nage Têter soleil ! et saoul de lait d'or, bavant, Dodo à les seins dorloteurs des nuages,
Voyageurs savants !
— A rêve que veux-tu, là-bas, je vivrai dupe
D'une âme en coup de vent dans la fraîcheur des jupes !
En avant !
Dodo sur le lait caillé des bons nuages .Dans la main de Dieu, bleue, aux mille yeux vivants Au pays du vin viril faire naufrage !
Courage, Là, là, je me dégage . . .
— Et je communierai, le front vers l'Orient, Sous les espèces des baisers inconscients !
En avant !
Cogne, glas des nuits ! filtre, soleil solide ! Adieu, forêts d'aquarium qui, me couvant, Avez mis ce levain dans ma chrysalide !
Mais j'ai froid ? En avant !
Ah ! maman . . .
Vous, Madame, allaitez le plus longtemps possible Et du plus Seul de vous ce pauvre enfant-terrible.