‹ Choix de poésiesChapitre 5 sur 55 · ENCORE À CET ASTRE · texte numérisé non relu

ENCORE À CET ASTRE

Espèce de soleil ! tu songes : — Voyez-les, Ces pantins morphines, buveurs de lait d'ânesse Et de café ; sans trêve, en vain, je leur caresse L'échiné de mes feux, ils vont étiolés ! —

— Eh ! c'est toi, qui n'as plus que des rayons gelés ! Nous, nous, mais nous crevons de santé, de jeunesse ! C'est vrai, la Terre n'est qu'une vaste kermesse. Nos hourrahs de gaîté courbent au loin les blés.

Toi seul, claques des dents, car tes taches accrues Te mangent, ô Soleil, ainsi que des verrues Un vaste citron d'or, et bientôt, blond moqueur.

Après tant de couchants dans la pourpre et la gloire, Tu seras en risée aux étoiles sans cœur, Astre jaune et grêlé, flamboyante écumoire !

22 ]ULES LAFORGUE

Page 1