CÉSAR BORGIA
^ nÉSAR RORCilA. 59
CÉSAR BOUGIA
Sur fond sombre noyant un riche vestibule
Où le buste d'Horace et celui de Tibulle
Lointains et de profil rêvent en marbre blanc,
La main gauche au poignard et la main droite au flanc,
Tandis qu'un rire doux redrosse la moustache.
Le duc CÉSAIl en grand costume se détache.
Les. yeux noirs, les cheveux noirs, et le velours noir
Vont contrastant, parmi l'or somptueux d'un soir,
Avec la pâleur mate et belle du visage
Vu de trois quarts et très ombré, suivant l'usage,
Des Espagnols ainsi que des Vénitiens
Dans les portraits de rois et de patriciens.
Le nez palpite, fm et droit. La bouche, rouge,
Est mince, et l'on dirait que la tenture bouge
Au souffle véhément qui doit s'en exhaler.
Et le regard errant avec laisser-aller
Devant lui, comme il sied aux anciennes peintures,
Fourmille de pensers énormes d'aventures.
■'t POEMES SATURNIENS.
El le front large et pur, sillonné d'un grand pli, Sans doute de projets formidables rempli, Médite sous la toque où frissonne une plume Elancée hors d'un nœud de rubis qui s'allume.
A FELICIEN CHAMPSAUR
FETES GAT,.VXTES. iVA