A LA PROMENADE
Le ciel si pâle et les arbres si grêles Semblent sourire à nos costumes clairs Qui vont flottant légers avec des airs De nonchalance et des mouvements d'ailes.
Et le vent doux ride l'humble bassin, Et la lueur du soleil qu'atténue L'ombre des bas tilleuls de l'avenue Nous parvient bleue et mourante à dessein.
Trompeurs exquis et coquettes charmantes. Cœurs tendres mais affranchis du serment. Nous devisons délicieusement, Et les amants lutinent les amantes.
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De qui la main impcrcepliiile sait Parfois donner un soufllet qu'on échange Contre un baiser sur Textrême phalange Du petit doigl, et comme la chose est
Immensément excessive et farouche, On est puni par un regard très sec, Lequel contraste au demeurant avec La moue assez clémente de la bouche.
FÊTES (VALANTES. 69
LES INGENUS
Les hauts talons luttaient avec les longues jupes, En sorte que, selon le terrain et le vent. Parfois luisaient des bas de jambe, trop souvent Interceptés! — et nous aimions ce jeu de dupes.
Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux Inquiétait le col des belles sous les branches, Et c'étaient des éclairs soudains de nuques blanches Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.
Le soir tombait, un soir équivoque d'automne : Les belles, se pendant rêveuses à nos bras, Dirent alors des mois si spécieux, tout bas, Oue notre âme depuis ce lemps tremble et s'étonne.
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G()1{TÈGE
Un singe en vcsle de brocart Trotte et gambade devant elle Oui froisse un moucboir de dentelle Dans sa main gantée avec art,
Tandis qu'un négrillon tout rouge Maintient à lour de bras les pans De sa lourde robe en suspens, Attentif i\ tout pli qui bouge;
Le singe ne perd pas des yeux La gorge blancbe de la dame, Opulent trésor (jue réclame Le torse nii d»' I un des dieux:
Le négrillon parfois soulève Plus haut qu'il ne faut, Taigrefin.
Son fardeau somptueux, afin De voir ce dont la nuit il rêve;
Elle va par les escaliers, Et ne paraît pas davantage Sensible à l'insolent suffrage De ses animaux familiers.