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CHEVAUX DE BOIS

Par Saint-Gille, Viens nous-en, Mon agile Alezan.

(V. Hugo.)

Tournez, tournez, bons chevaux de bois, Tournez cont tours, tournez mille tours, Tournez souvent et tournez toujours, Tournez, tournez au son des hautbois.

Le gros sohlat, la plus grosse bonne Sont sur vos dos comme dans leur chambre ; (lar, en ce jour, au bois de la Cambre, Les maîtres sont tous deux en personne.

Tournez, tournez, chevaux de leur cœur, Tandis qu'autour de tous vos tournois Clignote l'œil du filou sournois, Tournez autour du piston vainqueur.

C'est ravissant comme ça vous soûle, D'aller ainsi dans ce cirque bête!

Bien dans le ventre et mal dans la tête. Du mal en masse et du bien en foule.

Tournez, tournez, sans qu'il soit besoin D'user jamais de nuls éperons, Pour commander à vos galops ronds, Tournez, tournez, sans espoir de foin.

Et dépêchez, chevaux de leur âme.

Déjà, voici que la nuit qui tombe Va réunir pigeon et colombe, Loin de la foire et loin de madame.

Tournez^ tournez! le ciel en velours D'astres en or se vêt lentement.

Voici partir l'amante et l'amant.

Tournez au son joyeux des tambours.

Cliamp (le foire de Saint-Gilles, août 187:2.

MAi.l.XKS

Vers les prés le vent cherche noise Aux girouettes, détail fin Du château de quelque échevin, Uouge de hrique et bleu d'ardoise, Vers les prés clairs, les prés sans fin.

Comme les arbres des féeries Des frênes, vagues frondaisons.

Échelonnent mille horizons A ce Sahara de prairies, Trèlle, luzerne et blancs gazons.

Les wagons filent en silence Parmi ces sites apaisés.

Dormez, les vaches ! Reposez, Doux taureaux de la plaine immense. Sous vos yeux à peine irisés!

Le train glisse sans un murmure, Chaque wagon est un salon Où l'on cause bas et d'où l'on Aime à loisir cette nature Faite à souhait pour Fénelon.

Août 1872.

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