VOEU
Ahl les oarystis! Les premières maîtresses! L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs, Et puis, parmi l'odeur des corps jeunes et clairs, La spontanéité craintive des caresses I
Sont-elles assez loin toutes ces allégresses Et toutes ces candeurs! Hélas ! toutes devers Le printemps des regrets ont fui les noirs hivers De mes ennuis, de mes dégoûts, de mes détresses!
Si que me voilà seul à présent, morne et seul, Morne et désespéré, plus glacé qu'un aïeul, Et tel qu'un orphelin pauvre sans sœur aînée,
0 la femme à l'amour câlin et réchaufl'ant,
Douce, pensive et brune, et jamais étonnée, ^
El qui parfois vous baise au front, comme un enfant ! \
10 POÈMKS SATU1{\IENS.
ÏY
J.ASSITUDE
A batdllas de amor cnmpo de pluma.
(GONGOIIA.)
De la douceur, de la douceur, de la douceur! Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante. Même au fort du déduit, parfois, vois-tu, l'amante Doit avoir l'abandon paisible de la sœur.
Sois langoureuse, fais ta caresse endormante, Bien égaux tes soupirs et ton r(*gard bcrceur. Va, l'étreinte jalouse, et le spasme obsesseur Ne valent pas un long baiser, même qui mente !
Mais dans ton cher c<eiir d"or, me dis-tu, mon enfant, La fauve passion va sonnant l'olifant... Laisse-la trom})etter à son aise, la gueuse!
Mets ton froni sur mon front et ta main dans ma main, Et fais-moi des serments que tu rompras demain. Et pleurons jusqu'au jour, ô petite fougueuse !