‹ Choix de poésies;Chapitre 36 sur 78 · A(.I•.SSE · texte numérisé non relu

A(.I•.SSE

— Qu'as-lu fait, ô toi que voilà Pleurant sans cesse,

Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà, De ta jeunesse?

Je ne sais pourquoi

Mon esprit amer D'une aile inquiète et folie vole sur la mer.

Tout ce qui m'est cher,

D'une aile d'effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi?

Mouette à l'essor mélancolique, Elle suit la vague, ma. pensée, A tous les vents du ciel balancée Et biaisant quand la marée oblique.

Mouette à l'essor mélancolique,

Ivre de soleil Et de liberté, Un instinct la guide à travers cette immensité.

sac; ES SE.

La brise d'été Sur le flot vermeil ucement la porte en un tiède demi-sommeil,

Parfois si tristement elle crie Qu'elle alarme au lointain le pilote, Puis au gré du vent se livre et flotte Et plonge, et l'aile toute meurtrie Revoie, et puis si tristement crie!

Je ne sais poinquoi

Mon esprit amer me aile inquiète et foie vole sur la mer.

Tout ce qui m'est cher,

D'une aile d'efl'roi, n amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

Le son du cor s'afflige vers les bois D'une douleur on veut croire orpheline Qui vient mourir au bas de la colline Parmi la brise errant en courts abois.

L'âme du loup pleure dans cette voix Qui monte avec le soleil qui décline D'une agonie on veut croire câline Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plainte assoupie, La neige tombe à longs traits de charpie A travers le couchant sanguinolent.

El l'air a l'air d'être un soupir d'automne, Tant il fait doux par ce soir monotone Où se dorlote un paysage lent.

Yll

Vous voilà, vous voilà, pauvres bonnes pensées!

L'espoir (]u"il faut, regret des grâces dépensées,

Douceur de cœur avec sévérité d'esprit,

Kt cette vigilance, et le calme prescrit,

Kt toutes! — Mais cncor lentes, bien éveillées,

Bien d'aplomb, mais encor timides, débrouillées

A peine du lourd rôve et de la tiède nuit.

C'est à qui de vous va plus gauche, l'une suit

L'autre, et toutes ont peur du vaste clair de lune.

t l'elles, quand des brebis sortent d'un clos. C'est une,

Puis deux, puis trois. Le reste est là, les yeux baissés,

La tôle à terre, et l'air des plus embarrassés.

Faisant ce que fait leur chef de file : il s'arrête,

Elles s'arrêtent tour à tour, posant leur tête

Sur son dos simi)loment et sans savoir pourquoi '. »

Votre pasteur, ù mes brebis, ce n'est pas moi,

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