IL<)1US
— Sachez d'abord vous taire. — Or celle Qui vous parle est coquette et folle. Oui, je le suis, .l'aime les jours léi;ers et les frivoles nuits; J'aime un rub.in (pii iir;iill(\ un amant qui me plaise, Pour les bien délester après tout à mon aise.
A'ous, par exemple, vous, monsieur, que je n'ai pas
Naguère tout à fait traité de haut en bas,
Me dussiez-vous tenir pour la pire pécore,
Eh bien, je ne sais pas si je vous soufîre encore !
SyLVANDRE, souriant.
Dans le doute...
ChlORIS, coquette, s'enfuyant.
« Abstiens-toi, » dit Tautre. Je m'abstiens.
SyLV ANDRE, presque naif.
Ahl c'en est trop, je souffre et m'en vais pleurer.
GhlORIS, touchée, mais gaie.
Viens, Enfant, mais souviens-toi que je suis infidèle Souvent, ou bien plutôt, capricieuse. Telle 11 faut me prendre. Et puis, vo^^ez-vous, nous voici Tous deux bien amoureux, — car je vous aime aussi, — Là! voilà le grand mot lâché! Mais...
SVLVANDRE
0 cruelle Réticence!
Chloius
Attendez la fin, pauvre cervelle.
Mais, dirais-je, malgré tous nos transports et tous Nos serments mutuels, solennels et jaloux
D'être éternels, un dieu malicieux préside Aux autels de Paphos —
(Sur un geste de dénégation de Sylvandre.)
C'est un fait — et de Gnide.
Telle est la loi qu'Amour à nos cœurs révéla. L'on n'a pas plutôt dit ceci qu'on fait cela. Plus tard on se repent, c'est vrai, mais le parjure A des ailes, et comme il perdrait sa gageure Celui qui poursuivrait un mensonge envolé! (Ju'y faire? Promener son souci désolé, Bras ballants, yeux rougis, la tête décoiiïée, A travers monts (*t vaux, ainsi qu'un autre Orphée, (lonfler l'air de soupirs et l'océan de pleurs Par l'indiscrétion de bavardes douleurs?
Non, cent fois non! Plutôt aimer à l'aventure Kt ne demander pas l'impossible à Nature ! Nous voici, venez-vous de dire, bien épris L'un de l'autre, soyons heureux, faisons mépris De tout ce qui n'est pas notre douce folie! Deux cœurs pour un, un cœur pour deux... je m'y rallie. iMe voici vôtre, tienne!... Ètes-vous rassure? Tout cL l'heure j'avais mille fois tort, c'est vrai, D'ainsi bouder un cœur offert de bonne grâce, VA c'est moi qui reviens à vous, de guerre lasse. Donc aimons-nous. Prenez mon cœur avec ma main, Mais, pour Dieu, n'allons pas songer au lendemain. Et si ce lendemain doit ne pas être aimable. Sachons (jue tout bonheur repose sur le sable, (Ju'cn amour il n'est pas de malhonnêtes gens,
Et surtout soyons nous l'un à l'autre indulgents. Cela vous plaît?
Sylvandre Gela me plairait si...