Viv. : qu'il ne naît
SUR LA LOI DE DIEU. So
tions, je reste interdit et confus, je me regarde, je me considère : que ferai-je? où me tournerai-je? Cogitavi vias meas. Certes, dis-je incontinent en moi-même, les autres animaux semblent ou se conduire ou être conduits d'une manière plus réglée et plus uniforme. D'où vient dans les choses humaines une telle inégalité, ou plutôt une telle bizarrerie? est-ce là ce divin animal dont on dit de si grandes choses? cette âme d'une vigueur immortelle n'est-elle pas capable de quelque opération plus sublime et qui ressente mieux le lieu d'où elle est sortie? Toutes les occupations que je vois me semblent ou serviles, ou vaines, ou folles, ou criminelles; «tout y est vanité et affliction d'esprit, » disait le plus sage des hommes*. Ne paraîtra-t-il rien à ma vue qui soit digne d'une créature faite à l'image de Dieu? Cogitavi vias meas; je cherche, je médite, j'étudie mes voies, et pendant que je suis dans ce doute ^ Dieu me montre sa loi et ses témoignages, il m'invite à prendre parti dans le nombre de ses serviteurs. En effet leur conduite me paraît plus égale, et leur contenance plus sage, et leurs mœurs bien mieux ordonnées. Mais le nombre en est si petit qu'à peine paraissent-ils dans le monde. Davantage, pour l'ordinaire, je ne les vois pas dans les grandes places; souvent même ceux qui les oppriment vont dans le monde la tête levée au milieu des applaudissements de toutes les conditions et de tous les âges. Et c'est ce qui me rejette^ dans de nouvelles perplexités; suivrai^ je le grand ou le petit nombre? les sages ou les heureux? ceux qui ont la faveur publique, ou ceux qui sont satisfaits du témoignage de leur conscience? Cogitavi via» meas.