Ms., f. 128, p. H
trouver du plaisir partout : il sied mal à un chrétien de se réjouir, pendant qu'il n'est pas avec Jésus- Christ. Si j'ai quelque affection pour ce divin Maître, il faut que je le suive en tous lieux ; et avant que de ma joindre à lui dans l'éternité de sa gloire, il faut que je l'accompagne du moins un moment dans la dureté de sa croix. Ce sont, fidèles, les sentiments avec lesquels vous devez gagner ce jubilé que je vous annonce. C'est ainsi que vous pourrez obtenir cette paix si ardemment désirée, et qui en est le véritable sujet : car il n'est point d'oraison plus forte que celle qui part d'une chair mortifiée par la pénitence, et d'une âme dégoûtée des plaisirs du siècle.
Il y a des maux ' qui nous blessent^ il y a des maux qui nous flattent : ceux-là, nous les devons supporter; ceux-ci, nous les devons modérer; le premier, par la patience et par le courage ; le second, par la tempérance, par la retenue. Et les maux qui nous affligent nous servent à corriger ceux qui flattent, parce que la force de ces derniers est dans le plaisir , et que la pointe du plaisir s'émousse par la souffrance. Le contraire : Alia qitœ per patientiam sustinemus % alia quœ per continentiam refrenamus ^
[n usus justitiœ peccati pœna conversa est*.
1. Fragment écrit à la suite du discours, f. 128 (p. 14). Il se rapporte évidemment au second point, mais sans qu'on puisse l'y inséier.