‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 137 sur 460 · De Civil. Dei, lib. I, cap. viii · texte numérisé non relu

De Civil. Dei, lib. I, cap. viii

quoiqu'ils portent tous deux le poids du même pressoir: ainsi les mêmes aftlictions qui consument les méchants, purilient les justes. Que si quelquefois les pécheurs prospèrent, s'ils tâchent quelquefois de faire rougir l'espérance de l'homme de bien par l'ostentation d'un éclat présent, disons-leur avec le grand saint Augustin ^ ; « 0 « herbe rampante, oserais-tu te comparer à l'arbre'^ frui- « tier pendant la rigueur de l'hiver, sous le prétexte qu'il « perd sa verdure durant cette froide saison, et que tu « conserves la tienne? Viendra lardeur du grand juge- « ment qui te desséchera jusqu'à la racine, et fera gerce mer les fruits immortels des arbres que la patience « aura cultivés. »

Méditons, méditons, fidèles, cette grande et terrible vicissitude : le monde se réjouira, et vous serez tristes, mais votre tri^tesse^ tournera en joie, et la joie du monde sera changée en un grincement de dents éternel. Ah ! si ce changement est inévitable, loin de nous l'amour des plaisirs du monde. Quand les enfants du siècle nous inviteront à leurs délices, à leurs débauches, à leurs autres joies dissolues, craignons de nous joindre à leur compagnie: l'heure de notre réjouissance n'est pas arrivée. « Pourquoi m'invitent-ils? dit Tertullien : je ne veux « point de part à leurs joies, parce qu'ils seront exclus « de la mienne*. » Il y a une vicissitude de biens et de maux ; on y va par tour : il y a* une loi établie, que nous expérimenterons tour à tour les biens et les maux. J'appréhende de me réjouir avec eux, de peur de pleurer un jour avec eux. C'est être trop délicat de vouloir

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