‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 140 sur 460 · Rcfi., XV · texte numérisé non relu

Rcfi., XV

grands châteaux forts [aY par lesquels il fortifia sa frontière. Je médite aujourd'hui, messieurs, défaire quelque chose de semblable; et, dans cet exercice pacifique, je me propose l'exemple de cette entreprise militaire. Les libertins déclarent la guerre à la Providence divine, et ils ne trouvent rien déplus fort contre elle que la distribution des biens et des maux, qui paraît injuste, irrégulière, sans aucune distinction entre les bons et les méchants. C'est là que les impies se retranchent comme dans leur forteresse imprenable, c'est de là qu'ils jettent hardiment des traits contre {b) la sagesse qui régit le monde, se persuadant faussement que le désordre apparent des choses humaines rend témoignage contre elle. Assemblons-nous, chrétiens, pour combattre [c] les ennemis du Dieu vivant; renversons les remparts superbes de ces nouveaux Samaritains [d). Non contents de leur faire voir que cette inégale dispensation des biens et des maux du monde ne nuit [en] rien à la Providence, montrons au contraire qu'elle l'établit. Prouvons, par le désordre même, qu'il y a un ordre supérieur qui rappelle tout à soi par une loi (e) immuable ; et bâtissons les forteresses de Juda des débris et des ruines (/) de celle de Samarie. C'est le dessein de ce discours, que j'expliquerai plus à fond après que nous aurions imploré [les lumières du Saint-Esprit par l'intercession de la Sainte Vierge. ]

[AVE

Le théologien d'Orient, saint Grégoire de Nazianze,

Vab. (a) Deux citadelles. — {b) Pour détruire — pour combattre. — (c) Contre. — [d) Détruisons leurs remparts superbes. — (e) Conduite. — [f) Démolitions.

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