‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 141 sur 460 · Ed. : deux grands châteaux · texte numérisé non relu

Ed. : deux grands châteaux

contemplant la beauté du monde, dans la structure duquel Dieu s'est montré si sage et si magnifi(jue, l'appelle élégamment en sa langue, le plaisir et les délices de son Créateur, ©soo t^u^tiv ' . Il avait appris deMoïse'que ce divin Architecte, à mesure qu'il bâtissait ce grand édifice, en admirait lui-mt'me toutes les parties : Vidit Deus lucem quod esset bona^; [« Dieu vit que la lumière était bonne; »] qu'en ayant composé le tout, il avait encore enchéri, et l'avait trouvé « parfaitement beau : » Et erant valde bona^ ; enfin qu'il avait paru tout saisi de joie dans le spectacle de son propre ouvrage. Où il ne faut pas s'imaginer que Dieu ressemble aux ouvriers mortels, lesquels , comme ils peinent beaucoup dans leurs entreprises et craignent toujours pour l'événement, sont ravis que l'exécution les décharge du travail et les assure du succès. Mais Moïse regardant les choses dans une pensée plus sublime, et prévoyant en esprit qu'un jour les hommes ingrats nieraient la Providence qui régit le monde, il nous montre dès l'origine combien Dieu est satisfait de ce chef-d'œuvre de ses mains, afin que, le plaisir de le former nous étant un gage certain du soin qu'il devait prendre à le conduire, il ne fût jamais permis de douter qu'il n'aimât à gouverner ce qu'il avait tant aimé à faire et ce qu'il avait lui-même jugé si digne de sa sagesse.

Ainsi nous devons entendre que cet univers , et particulièrement le genre humain, est le royaume de Dieu, que lui-même règle et gouverne selon des lois immuables; et nous nous appliquerons aujourd'hui à méditer les secrets de cette céleste politique qui régit toute la nature,

1. Orat. , XXXIV. Les deux mots grecs, omis, mal à popos, par Défori?, ont été rétablis par M. Lacliat,

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