Pa-.,x\xvi
2. Ed. : Cette distinction étant supposée... décision dernière et irrévocable. S^Mze lignes empruntées à une première rédaction (Con?/?/. des Variantes, C), et mal à propos intercalées dans la seconde, où elles font double emploi.
Que le saint et divin Psalmiste a célébré divinement cette belle distinction de biens et de maux ! J'ai vu, dit-il, dans la main de Dieu une coupe remplie de trois liqueurs : Calix in manu Domini vint meri plenus mixto. Il y a premièrement le vin pur, vini meri; il y a secondement le vin mêlé, plenus wzzx^o ; enfin il y a la lie, verum-* tamen fœx ejus non exinanita^. Que signifie ce vin pur? la joie de l'clernité, joie qui n'est altérée par aucun mal, mêlée d'aucune amertume. Que signifie cette lie , sinon le supplice des réprouvés, supplice qui n'est ^ tempéré d'aucune douceur? Et que représente ce vin mêlé, sinon ces biens et ces maux que l'usage peut faire changer de nature, tels que nous les éprouvons dans la vie présente? 0 la belle distinction des biens et des maux que le prophète a chantée 1 mais la sage dispensation que la Providence en a faite I Voici les temps de mélange, voici les temps de mérite, où il faut exercer les bons pour les éprouver, et supporter les pécheurs ^ pour les attendre [a] : qu'on répande dans ce mélange ces biens et ces maux mêlés dont les sages savent profiter, pendant que les insensés en abusent. Mais ces temps de mélange finiront : Venez, esprits purs, esprits innocents, venez boire le vin pur de Dieu, sa félicité sans mélange. Et vous, ô méchants endurcis, méchants éternellement séparés des justes, il n'y a plus pour vous de félicité, plus de danses, plus de banquets, plu» de jeux : venez boire toute l'amertume de la vengeance divine : Bibent omnes peccatores terrœ^. Voilà, messieurs, ce discernement qui
Var. (a) Où il faut exercer les bons et supporter les méchants,
t. P»., LXXIV, 9.