Ed. : il ne s'émeut pas de leurs reproches
quod veniet dies ejus^ [« parce qu'il voit que son jour doit « venir bientôt »].
Mais cependant, direz-vous [a). Dieu fait souvent du bien aux méchants, il laisse souffrir de grands maux aux justes; et quand un tel désordre ne durerait qu'un moment, c'est toujours quelque chose contre la justice. Désabusons-nous, chrétiens, et entendons aujourd'hui la différence des biens et des maux, fl y en a de deux sortes : il y a les biens et les maux mêlés, qui dépendent de l'usage que nous en faisons. Par exemple, la maladie est un mal ; mais qu'elle sera un grand bien, si vous la sanctifiez par la patience ! la santé est un bien, mais qu'elle deviendra un mal dangereux en favorisant la débauche ! Voilà les biens et les maux mêlés, qui participent (b) de la nature du bien et du mal, et qui touchent à l'un ou à l'autre, suivant l'usage où on les applique.
Mais entendez, chrétiens, qu'un Dieu tout-puissant a dans les trésors de sa bonté un souverain bien qui ne peut jamais être mal, c'est la félicité éternelle; et qu'il a dans lestrésors de sa justice certains maux extrêmes qui ne peuvent tourner en bien à ceux qui les souffrent, tels que sont les supplices des réprouvés. La règle de sa justice ne permet [pas] que les méchants goûtent jamais ce bien souverain, ni que les bons soient tourmentés par ces maux extrêmes : c'est pourquoi il fera un jour le discernement; mais pour ce qui regarûe les biens et les maux mêlés, il les donne indifféremment aux uns et aux au très 2.
Yak. (a) Voy. le Complément, C, p. 168, 1. 19. — (b) Qui tiennent de...