‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 190 sur 460 · Luc, XI · texte numérisé non relu

Luc, XI

nomme « Je prince du monde : » pnnceps tiujus mundP\ et saint Paul, « gouverneur du monde : » redores mundi^ . Et nous apprenons de TertuUien que les démons faisaient parer leurs idoles des robes dont se revêtaient les magistrats, qu'ils faisaient porter devant eux les faisceaux et les autres marques d'autorité publique, comme étant, dit-il, « les vrais magistrats et les princes « naturels du siècle : » Dœmones magistratus sunt sœculi^. Satan n'est pas seulement le prince [a], le magistrat et le gouverneur du siècle; mais, pour ne laisser aucun doute de sa redoutable puissance, saint Paul nous enseigne qu'il « en est le dieu : » deus hujus sœculi*. En effet, il fait le dieu sur la terre, il affecte d'imiter [b] le Tout- Puissant. Il n'est pas en son pouvoir de faire {c) comme lui de nouvelles créatures, pour les opposer à son Maître; voici ce qu'invente son ambition : il corrompt celles de Dieu, dit TertuUien*, et les tourne autant qu'il peut contre leur auteur; enflé démesurément de ses bons succès, il se fait rendre enfin des honneurs divins; il exige des sacrifices, il reçoit des vœux, il se fait ériger des temples, comme un sujet rebelle qui, par mépris ou par insolence, affecte la même grandeur que son souverain : Ut Dei Domini placita cum contumelia affectons^.

Telle est la puissance de notre ennemi ; et ce qui la rend plus terrible, c'est la violente application avec laquelle il unit ses forces dans le dessein de notre ruine. Tous les esprits angéliques, comme remarque très-bien

Var. [a) N'en est pas seulement le orince. — ip) Il imite. — (c) 11 ne peut faire.

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