Matth.y VIII
mais saint Augustin nous apprend que ce commandement (o) lui tient lieu de peine : Pœna enim ejus est ut in potestate habeat eos qui Bel pi^œcepta contemnunt'^. Et en effet, s'il est véritable que d'être ennemi de Dieu ce soit la souveraine misère, celui qui en est le chef n'est-il pas par conséquent le plus misérable? Enfin est-il rien de plus méprisable que toute cette grandeur qu'il affecte, puisqu'avec cette intelligence qui le rend superbe et toutes ces qualités extraordinaires, nous lui semblons néanmoins dignes d'envie ? et, tout impuissants que nous sommes, il désespère de nous pouvoir vaincre, s'il n'y emploie les ruses et la surprise : de laquelle, certes, messieurs, ayant été si bien avertis, est-il rien de plus aisé que de l'éviter, « pourvu que nous marchions en « plein jour comme des enfants de lumière ; » Ut filii li'cis ambulate^^
Que si vous voulez savoir sa faiblesse, non plus, messieurs, par raisonnement, mais par une expérience certaine, écoutez parler Tertullien dans son admirable Apologétique ; voici une proposition bien hardie, et dont vous serez étonnés. Il reproche aux gentils que toutes leurs divinités sont des esprits malfaisants [b), et pour leur faire entendre cette vérité, il leur donne le moyen de s'en éclaircir par une expérience bien convaincante. Edatur [hic] aliquis sub tribunalibus vestris, quem dœmone agi constet^ : 0 juges! qui nous tourmentez avec une telle inhumanité, c'est à vous que j'adresse ma parole : qu'on me produise devant vos tribunaux; je ne veux pas que ce soit en un lieu caché, mais à la face de tout le monde;
Var. (a) Cet empire. — {b) Des démons.