‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 215 sur 460 · Souligné encore par Bossuet, après coup · texte numérisé non relu

Souligné encore par Bossuet, après coup

Et pour VOUS, mes chers frères, vous qui, écoutant cette accusation, apprenez qu'il y a une corruptrice qui s'efforce de ruiner tout ce qu'il y a de vertu en vous, au nom de Dieu, veillez sur vous-mêmes; au nom de Dieu, prenez garde de ne point faire votre justice devant les hommes, pour en être vus et admirés. Attendite, dit-il; remarquez ces termes : c Prenez garde. » Cet ennemi dont je vous parle ne viendra pas vous attaquer ouvertement : il se glisse comme un serpent, il se coule sous des fleurs et de la verdure, il s'avance à l'ombre de la vertu, pour faire mourir la vertu même. Attendite^ attendite : « Prenez garde. » Ah t qu'il est difificile aux hommes de mépriser la louange des hommes! Étant nés pour la société, nous sommes nés en quelque sorte les uns pour les autres; et, par conséquent, qu'il est dangereux que nous ne nous laissions trop chatouiller aux louanges que nous donnent nos semblables !

Saint Augustin, messieurs, nous représente excellemment ce péril dans le second livre qu'il a fait du sermon deNotre-Seigneur sur la montagne : « Il est très-perni- « cieux, [nous dit-il,] de mal vivre; de bien vivre maince tenant et ne vouloir pas que ceux qui nous voient nous « en louent, c'est se déclarer leur ennemi : parce que les (( choses humaines ne sont jamais en un état plus pi- « toyable, que lorsque la bonne vie n'est pas estimée ; » [Siquidem nori] recte vivere, [perniciosum est : recte autem vivere et nolle laudari, quid est aliud quam inimicum esse rébus humanis, quœ utique tanto sunt raiseriores^ quanto minusplacet recta viahominum '?] Jusques ici^ messieurs, la louange n'a rien que de beau; mais voyez la suite de ces paroles. « Donc, dit ce grand docteur, si les hommes

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