‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 216 sur 460 · Viv. : jmqxCici · texte numérisé non relu

Viv. : jmqxCici

SUR L'EOX^'EUr. DU MONDE. 22?

« ne vous louent pas quand vous faites bien, ils sont « dans une grande erreur; et s'ils vous louent, vous êtes « vous-même dans un grand péril : » Si ergo inter quos vivis^ te recte viventem non laudaverintj illi in errore sunt : si autem laudaverintj tu in periculo ^. Vous êtes en effet dans un grand péril : parce que votre amour-propre vous fait aimer naturellement le bruit des louanges, et que votre cœur s'enfle, sans y penser, en les entendant : mais vous êtes encore dans un grand péril, parce que non-seulement l'amour de vous-même, mais encore la charité de vos frères («) ^ vous oblige quelquefois, dit saint August.n, à approuver les louanges que l'on vous donne. Vous faites une grande aumône, vous obligez le public par quelque service considérable : ne vouloir pas qu'on vous loue de cette action, c'est vouloir qu'on soit aveugle ou méconnaissant; la charité ne le permet pas. Vous devez donc souhaiter, pour l'amour des autres, qu'on loue les bonnes œuvres que Dieu fait en vous. Qui doute que vous ne le deviez, puisque vous devez désirer leur bien ? Mais ce que vous devez désirer pour eux, vous devez le craindre pour vous-même : et c'est là qu'est le grand péril, en ce que, devant désirer et craindre la même chose par différents motifs, chrétiens, qu'il est dangereux que vous ne preniez aisément le change ; qu'en pensant regarder les autres, vous ne vous arrêtiez en vous-mêmes! Attendite: « Prenez garde y> à vous! à justes, voici votre péril ; prenez garde que, dans les œuvres de votre justice, les louanges du monde (6j ne vous plaisent trop et qu'elles ne corrom^-ent en vous la vertu.

Var. (a) L'amour du prochain. — {b) Des liommes.

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