Ibid., V
Mais remarquez bien cette opposition : vous recevez la gloire qui vient des hommes, vous ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu. N'est-ce pas nous dire manifestement ; Celle-ci (a) doit être désirée, celle-là ne doit pas même être reçue : il faut rechercher celle-ci, quand on ne l'a pas, et refuser l'autre, quand on la donne. — Doctrine de l'Évangile, que tu es sévère! Quoi! il faut, au milieu des louanges, étouffer cette complaisancesecrète qui flatte le cœur si doucement! Défendez-nous, ô Seigneur, de rechercher cet encens; mais comment le refuser quand on nous le donne ? — Non, dit-il, ne recevez pas la gloire des hommes. — Maispuis-jem'empécherde la recevoir ?puis-je contraindre la langue de ceux (b) qui veulent parler en ma faveur? — Laissons-les discourir à leur fantaisie; mais disons toujours avec Jésus-Christ : Claritatem non accipio. Non, non, je ne reçois pas la gloire des hommes; c'està-dire, je ne la reçois pas en payement, je ne me repais pas de cette fumée. Clarifica me tu^ Pater : « Que ce soit « vous, ù Père céleste, [qui me glorifiiez.] » Vaine gloire, qui sollicites mon cœur à écouter tes flatteries, je connais le danger où tu me veux mettre ; tu veux me donner les yeux des hommes, mais c'est pour m'ôter les yeux de Dieu; tu feins de vouloir me récompenser, mais c'est pour me faire perdre ma récompense. Je l'attends d'un bras plus puissant et d'une main plus opulente : corruptrice de la vertu, je ne reçois point [c] tes fausses douceurs; ni tes applaudissements, ni ta vaine pompe ne peuvent pas payer mes travaux. In Domino laudabitur [anima mea; audiant mansueti et lœientur ' .*] « Mon âme « sera louée en Notre-Seigneur ; que les gens de bien
Var. (a) C'est-à-dire : celle-là.— {/>) Des hommes.— (c) Je n'écoute oint.