Ed. : qu'on rtjuse
qu'il a pour l'honneur fait croire qu'il n'aime pas la vertu, et ensuite le fait paraître indigne de l'honneur («). Que si le monde même le croit de la sorte, quelle doit être la délicatesse d'un chrétien sur le plaisir des louanges? Tremblez, tremblez, fidèles, et craignez cet ennemi qui vous flatte : ne croyez pas que ce soit assez de ne rechercher pas les louanges ; le monde même en a honte, les idolâtres mêmes de l'honneur n'osent pas témoigner qu'ils le recherchent.
Le chrétien, mes frères, doit aller plus loin ; c'est une vérité de l'Evangile. Le Fils de Dieu lui apprend que, bien loin de le rechercher, il ne doit pas le recevoir quand on le lui offre. Ce n'est pas moi qui le dis; qu'il écoute parler Jésus-Christ lui -même. Il ne se contente pas de [b) nous dire : Je ne recherche (c) pas la gloire des hommes : mais il dit (d) : « Je ne reçois pas la gloire des hommes : » Claritatem [ab hominibus non accipio ^.] Et si vous trouvez peut-être^ que ce passage n'est pas assez décisif, en voici un autre qui est plus pressant : Clurifica me tu, Paier^: « 0 Père, que ce soit vous qui me glorifiiez; » que ce soit vous, et non pas les hommes. Et s'il vous reste encore quelque doute, voici qui ne soufiTre point de réplique : Quomodo vos potestis credere, qui yloriam ab invfcem accipitis, et gloriam quœ à solo Deo est non quœritis^'^ « Com- « ment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire « les uns des autres, et ne recherchez pas la gloire qui « est de Dieu seul? » Ce n'est pas un crime médiocre, puisqu'il vous empêche de croire.
Var. (a) Et on croit être bien fondé de lui refuser l'iionneur. — {b) Jésus, notre modèle et notre exemplaire, ne s'est pas contenté de. — (c) Demande. — (d) 11 a dit.