Ms., f. 187-8. Voyez la Notice
faire une forte réflexion sur les changements précipités de l'honneur et de la gloire du monde, je lui dis qu'encore que ces grandes révolutions menaçassent les fortunes les plus éminentes, j'osais espérer néanmoins qu'elles ne regardaient ni la personne ni la maison de Son Altesse : que Dieu regardait d'un œil trop propice le sang de nos rois et la postérité de saint Louis; que nous verrions le jeune prince son fils croître avec la bénédiction de Dieu et des hommes; qu'il serait l'amour de son roi et les délices du peuple, pourvu que la piété crût avec lui et qu'il se souvînt qu'il était sorti de saint Louis, non pour se glorifier de sa naissance, mais pour imiter l'exemple de sa sainte vie. — Votre Altesse, dis-je alors à Monsieur le Prince, ne manquera pas de l'y exciter et par ses paroles et par ses exemples; et il faut qu'il apprenne d'elle que les deux appuis des grands princes sont la piété et la justice. Je conclus enfin que, se tenant fortement lui-même à ces deux appuis, je prévoyais qu'il serait désormais le bras droit de notre monarque, et que toute lEurope le regarderait comme l'ornement de son siècle : mais néanmoins que méditant en moimême la fragilité des choses humaines, qu'il était si digne de sa grande âme d'avoir toujours présente à l'esprit, je souhaitais à Son Altesse une gloire plus solide que celle que les hommes admirent, une grandeur plus assurée que celle* qui dépend delà fortune (a), une immortalité mieux établie que celle que* nous {b) promet l'histoire, et enfin une espérance mieux appuyée que celle dont le monde nous flatte, qui est celle de la félicité éternelle.
Var. (û; Que la Jorlune donne. — ^L) que promet.
SERMON