COMPLIMENT ADRESSÉ AU PRINCE DE GONDÉ
Le jour que Monsieur le Prince me vint entendre, je parlais du mépris de l'honneur du monde; et sur cela, après avoir fait ma division, je lui dis qu'à la vérité je ne serais pas sans appréhension de condamner devant lui la gloire du monde dont je le voyais si environné, n'était que je savais qu'autant qu'il avait de grandes qualités pour là mériter, autant avait-il de lumières pour en connaître le faible : qu'il fût grand prince, grand génie, grand capitaine, digne de tous ces titres et grand pardessus tous ces titres, je le reconnaissais avec les autres; mais que toutes ces grandeurs, qui avaient tant d'éclat devant les hommes, devaient être anéanties devant Dieu; que je ne pouvais cependant m'empêcher de lui dire que je voyais toute la France réjouie de recevoir tout ensemble la paix et Son Altesse Sérénissime, parce qu'elle avait dans l'une une tranquillité assurée, et dans l'autre un rempart invincible ; et que, nonobstant la surprise de sa présence imprévue, les paroles ne me manqueraient pas sur un sujet si auguste, n'était que, me souvenant au nom de qui je parlais, j'aimais mieux abattre aux pieds de Jésus-Christ les grandeurs du monde, que de les admirer plus longtemps en sa personne.
En tinissant mon discours, le sujet m'ayant conduit à