‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 235 sur 460 · Ms. f · texte numérisé non relu

Ms. f

de la scène au Val-de-Grâce^, dans ce couvent de Bénédictines où Anne d'Aul riche se plaisait à faire ses dévotions, où il est certain que Bossuet prêcha souvent en sa présence et où l'on a cru, mais à tort, qu'il avait prêché tout un Carême en 1663. Une indication formelle du manuscrit* m'a permis d'affirmer que le sermon sur la Parole de Dieu a été prêché aux Carmélites et que, par conséquent, il appartient au Carême de {C(Jl.

Les sermons qui composent cette station sont d'ailleurs facilement reconnaissables au format du papier 3, aux 'caractères de l'écriture. Celui-ci est un premier brouillon très-confus; il offre aux yeux tout d'abord les signes manifestes d'une précipitation dans le travail si grande qu'elle ne paraît même pas exempte de parti pris ; on croit sentir que Bossuet s'est fait un devoir de ne chercher, selon sa maxime, « que les choses et les sentiments ; » quil aurait rougi à ses propres yeux de mettre trop de temps et trop de soin à polir et <à orner son discours. Delà des négligences, un peu de désordre, quelques longueurs; mais l'orateur craignait de demander à l'art davantage ; il ne voulait compter que sur «la force des bonnes pensées, » pour donner à sa parole la vertu secrète qui attendrit les cœurs ou la véhémence qui les brise.

La façon rapide dont le discours a été composé ménageait aux éditeurs des difficultés sérieuses ; on s'en fera quelque idée par les renvois aux manuscrits que j'ai cru devoir mettre au bas des pages, moins encore pour faciliter de nouvelles recherches que pour rendre hommage à la sagacité des Bénédictins et à leur zèle. Je ne me suis que rarement écarté de leur interprétation.

Le sermon sur la Parole de Lieu a été repris en 1666, pour le Carême de Saint-Germain * : c'est alors que Bossuet a refait

1. Vaillant, Etudes, p. 104; Floquet, t. II, p. 242-4; Viv., t. IX, p. 113.

Page 1