‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 240 sur 460 · Viv. : parole · texte numérisé non relu

Viv. : parole

par [a] la vive voix ; et si [à] vous voulez encore un plus grand rapport, là, par l'etïicace du Saint-Esprit et par des paroles mystiques auxquelles on ne doit point penser sans tremblement, se transforment les dons proposés au corps ^ de Notre-Seigneur Jésus-Christ; ici, par le même Esprit et encore par la puissance de la parole divine, doivent être secrètement transformés (c) les fidèles de Jésus-Christ pour être faits son corps et ses membres.

C'est àcause^ de ce rapport admirable entre l'autel et la chaire que quelques docteurs anciens n'ont pas craint de prêcher aux fidèles qu'ils doivent approcher de l'un et de l'autre avec une vénération semblable, et sur ce sujet, chrétiens, vous serez bien aises d'entendre des paroles remarquables de saint Augustin^ qui sont renommées parmi les savants (d) et que je rapporterai en leur entier dès le commencement de ce discours auquel elles doivent servir de fondement. Voici comme parle ce grand évêque% .Homélie xxvi, parmi ses Cinquante'^: « Je vous demande, mes frères, laquelle de ces deux choses vous semble de plus grande dignité, la parole de Dieu ou le corps de Jésus-Christ. Si vous voulez dire [e] la vérité, vous répondrez sans doute que la parole de Jésus-Christ ne vous semble pas moins estimable que son corps. Ainsi donc, autant que nous apportons deprécau-

Var. (a) De. — (b) Que si. — (c) Consacrés. — (d) Connues des savants. — (e) Répondre.

1. C'est-à-dire : les dons proposés (offerts à Dieu sur l'autel : le pain et le vin se transformant au corps, deviennent le corps même de Jésus-Christ.

2. Ms., f. 134 (intercalé, pour remplacer trois pages barrées).

3. Àppend., serm. CCC, n. 2. Sermon attribué par les Bénédictins, non à saint Augustin, mais plutôt à saint Césaire d^Arles.

4. Indication omise par les éditeurs : il est probable que Bossuel auia tenu, même dans la chaire, à désigner d'une façon précise le dis. cou. o qui allait servir au sien de fondement.

tion pour ne pas laisser tomber à terre le corps de Jésus- Christ qu'on nous présente, nous en devons autant apporter^ pour ne pas laisser tomber de notre cœur la parole de Jésus-Christ qu'on nous annonce [a] ; parce que celui-là n'est pas moins coupable qui écoute négligemment la sainte parole que celui qui laisse tomber par sa faute le corps même du Fils de Dieu (b) ^. »

Voilà les propres termes de saint Augustin qui me donnent lieu, chrétiens, d'approfondir aujourd'hui ce secret rapport entre le mystère de l'Eucharistie et le ministère de la parole, parce que je ne trouve rien (c) de plus efficace pour attirer le respect à la sainte prédication, ni rien aussi de plus convenable pour expliquer les dispositions avec lesquelles il la faut entendre. Ce rapport dont nous parlons consiste en trois choses que je vous prie d'écouter attentivement. Je dis, premièrement, chrétiens, qu'avec la même religion que vous désirez que l'on vous donne à l'autel la vérité du corps de Notre- Seigneur, vous devez désirer aussi que l'on'* vous prêche en la chaire la vérité de sa parole. C'est la première disposition, mais il faut encore passer plus avant. Car comme il ne suffit pas que vous receviez {d) au dehors la vérité de ce pain céleste, et que vous vous sentez obligés d'ouvrir la bouche du cœur plutôt même que celle du corps, ainsi pour bien entendre la sainte parole vous devezêtre attentifs au dedanset prêter l'oreille du cœur. Ce n'estpasassez, chrétiens, etvoicilaperfectiondurapportet la consommation du mystère(6).CommeenrecevantdansIe

Vap.. («) Enseigne. — {ù) Dr .léjUs-Clirist. — (c) Ne trouvant rien Uf) Coriime en recevanl. — (') La confirmation du m^slère.

1 0(T. Vers. : nitimii m devons-nous apporter. ■2 . El), i (fr Jés ns - Ch ris t.

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