‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 241 sur 460 · Déf. Ver?. ; qu'où · texte numérisé non relu

Déf. Ver?. ; qu'où

SUR LA PAROLE DE DIEU. '^o";

cœur cette nourriture sacrée, vous devez tellement vous en sustenter, qu'il paraisse à votre bonne disposition tjue vous avez été nourris à la table du Fils de Dieu ; ainsi vous devez profiter de sorte de sa parole divine qu'il paraisse par votre vie que vous avez été instruits dans son école. Si vous vous mettez aujourd'hui dans ces saintes dispositions, vous écouterez Jésus-Christ de la manière qu'il veut qu'on l'écoute : Ipsum andite. Yous écouterez au dehors la vérité de sa parole; vous écouterez au dedans sa prédication intérieure; * enfin, vous l 'écouterez par une fidèle pratique^ en vous montrant ses disciples par l'obéissance {a) : Ipsum audite.

Madame \ cette matière est digne de l'audience que nous donne aujourd'hui Votre ^Majesté. C'est principalement aux rois de la terre qu'il faut apprendre à écouter Jésus-Christ dans les saintes prédications, afin qu'ils entendent du moins en public cette vérité qu'on leur déguise en particulier par tant de sortes d'artifices, et que la parole de Dieu, qui est un ami qui ne flatte pas, les désabuse des flatteries de leurs courtisans. Votre Majesté, Madame, y donne peu d'attention, et comme elle est déjà prévenue d'un grand amour pour la vérité, elle croira facilement ce que je vais tâcher de prouver : qu'il ne faut chercher dans les chaires que la vérité éternelle.

Var. [a) Ainsi vous atteindrez la perfection, qui est de l'écouler dans vos entreprises et de vous montrer ses disciples par l'obéissance.

1. Compliment adressé à la Reine ou plus vraisemblablement à la Reine-mère. 11 est écrit à la suite de la péroraison du discours (ms., f. 150, 151, p, .30, 31). La Gazette de France ne dit pas que l'une ou l'autre des deux Reines soit venue aux Carmélites le dimanche 13 mars IG6»; il suffit qu'elle y ait été annoncée; le compliment est écrit d'avance à tout événement.

PREMIER POINT

Les chrétiens - délicats qui, ne connaissant pas la croix du Sauveur, qui est le grand mystère de son royaume, cherchent partout ce qui les tlatte et [ce] qui les délecte, même dans le temple de Dieu, s'imaginent être innocents de désirer dans les chaires les discours qui plaisent et non ceux qui touchent et qui édilient, et énervent par ce moyen toute l'efficace de l'Évangile. Pour les désabuser aujourd'hui de cette erreur si dangereuse ^, voici la proposition que j'avance : que comme il n'y a aucun homme assez insensé pour ne chercher pas (a) à l'autel la vérité du mystère, aussi aucun ne doit être assez téméraire pour ne chercher [pas] dans* la chaire (ô) la pureté de la parole. C'est ce que j'ai à faire voir dans ce premier point. J'espère que la preuve en est (c)^ concluante.

Pour établir ce rapport, je pose^ ce fondement nécessaire que, selon le conseil de Dieu dans la dispensation [du] mystère du Verbe incarné, il devait se montrer aux hommes en deux manières différentes : premièrement, il devait paraître en la vérité de sa chair; secondement, il devait paraître dans la vérité de sa parole. Et voici la raison solide de ces différentes apparitions. C'est qu'étant {d] le Sauveur du monde il devait nécessairement se manifester par tout le monde : par conséquent il ne suffit pas qu'il se montre dans la Judée et dans un coin

Var. (a) N'exiger pas. — (Z>) N'exiger pas à la chaire. — (c) J'espère que la preuve sera... Voyez si... Voyez que la preuve e^ est concluante. — (d) Car étant.

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