‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 254 sur 460 · Ed. : De l'accomplir · texte numérisé non relu

Ed. : De l'accomplir

G. Ms. : retour au f. 143 (p. 18). Passage que l'orateur semble avoir oublié, puisqu'il continue : Mais cette assistance est extérieure (V. plus bas). C'est, je le crois, une inadvertance momentanée: les premières lignes sont soulignées, comme dignes d'être reprises, et le renvoi qui les précède est explicite. Les Bénédictins ont eu raison d'y revenir.

nourrit pour la vie éternelle. Et^ pour la même raison, chrétiens, vous devez entendre les prédicateurs en bénissant ce grand Dieu qui a tant voulu honorer les hommes que, sans avoir besoin de leurs secours, il les choisit néanmoins pour être les instruments de sa puissance. Assistez donc saintement et fidèlement à la sainte Prédication. Mais cette assistance extérieure^ n'est que la moindre partie de votre devoir. Il faut prendre garde que de vains discours, ou des pensées vagues, ou une imagination dissipée ne fasse tomber du cœur la sainte parole. Si dans la dispensaùon des mystères il arrive par quelque malheur que le corps de Jésus-Christ tombe à terre, toute l'Église tremble, tout le monde est frappé {a) d'une sainte horreur. Et saint Augustin nous 3 a dit que ce n'est pas un moindre mal de laisser perdre inutilement la parole de vérité. Et en effet, chrétiens ^ Jésus-Christ, qui est la vérité même, n'aime pas moins la vérité que son propre corps ; au contraire, c'est pour sceller* de son propre sang la vérité de sa parole qu'il a bien voulu sacrifier son propre corps ; un temps il a souffert que son corps fût infirme et mortel, et c'est volontairement qu'il l'a exposé à tant d'outrages; il a voulu que sa vérité fût (b) toujours im-

Var. (a) Saisi. — (b) Au contraire, il a sacrifié son corps pour la confirmation de sa vérité. — Il a sacrifié son corps pour sceller par son propre sang la vérité de sa parole. Un temps il a souffert que son corps fût informe et mortel; au contraire il a voulu que sa vérité fût toujours immortelle et inviolable. Tellement qu'il ne faut pas — par conséquent, il ne faut pas croire qu'il se sente moins outragé quand on écoute sa vérité avec peu d'attention que quand on manie son corps avec peu de soin.

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