‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 275 sur 460 · Ms., f · texte numérisé non relu

Ms., f

3. S. Aug. in Joan., Tract, xc. — Ms. : Bum nolunt esse jusli.., quâ damnantur injusti.

« point être justes, ils voudraient que la vérité ne fût « pas; parce qu'elle condamne les injustes. » Et ensuite on ne peut douter qu'ils ne veuillent, autant qu'ils peuvent, abolir la loi dont l'autorité les menace et dont la vérité les condamne.

C'est ce que Moïse^ nous lit (a) connaître par une excellente iigure, lorsqu'il descendait delà montagne où Dieu lui avait parlé face à face. Il avait en ses mains les tables sacrées où la loi de Dieu était gravée; tables vraiment vénérables, et sur lesquelles la main de Dieu et les cara(;lères de son doigt tout-puissant se voyaient tout récents encore. Toutefois, entendant les cris et voyant les danses des Israélites qui couraient après (b) le veau d'or, il les jette à terre et les brise : Vidit vitulum et chotos, iratmque valde ^ proj ecit de manu tabulas, et confregit eas^ : une sainte indignation lui fait jeter et rompre les tables. Que veut dire ce grand législateur (c)? Je ne m'étonne pas, chrétiens, que sa juste colère se soit élevée contre ce peuple idolâtre pour le faire périr par le glaive ; mais qu'avaient mérité ces tables augustes, gravées de la main de Dieu, pour obliger Moïse à les mettre en pièces? Tout ceci se fait en tigure, et s'accomplit pour notre instruction. Il a voulu nous représenter ce que ce peuple faisait alors : il brise les tables de la loi de Dieu, pour montrer que dans l'intention des pécheurs la loi est détruite et anéantie. Quoique le peuple ne pèche que contre un chef de la loi, qui défendait d'adorer les idoles, il casse ensemble toutes les deux tables; parce que nous apprenons de l'oracle que « quiconque a pèche en un seul article, viole l'autorité de tous les

Var. (a) Nous a fait — [b] Qui adoraient. — (c) Ce grand Prophète.

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