I Joan.y III, 5. Ms. : qui oderiî
pas : Celui qui trempe les mains dans son sang, ou qui enfonce un couteau dans son sein; mais : Celui qui le [liait] ^ est homicide. C'est que le Saint-Esprit, qui le guide, n'arrête pas sa pensée à ce qui se fait au dehors : il va approfondissant les causes cachées, et c'est ce qui lui fait toujours trouver dans la haine une secrète intention de meurtre. Car si vous savez observer toutes les démarches de la haine (a), vous verrez qu'elle voudrait détruire partout ce qu'elle a déjà détruit dans nos cœurs. Et les effets le font bien connaître : si vous haïssez quelqu'un, aussitôt sa présence blesse votre vue; tout ce qui vient de sa part vous fait soulever le cœur; se trouver avec lui dans le même lieu vous paraît une rencontre funeste. Au milieu de ces mouvements, si vous ne réprimez votre cœur (b), il vous dira, chrétiens, que ce qu'il n'a pu souffrir en soi-même, il ne le peut non plus souffrir nulle part; qu'il n'y a bien qu'il ne lui ôtât après lui avoir ôté son affection ; qu'il voudrait être défait sans réserve aucune de cet objet odieux : c'est l'intention secrète de la haine. C'est pourquoi l'apôtre saint Jean a raison de dire (c) qu'elle est toujours homicide.
Mais appliquons ceci- maintenant à la conduit des pécheurs. Ils haïssent la loi de Dieu et sa vérité : qui doute qu'ilsnelahaïssent.puisqu'ilsne lui veulent donner aucune place dans leurs mœurs? Mais l'ayant ainsi détruite en eux-mêmes, ils voudraient la pouvoir détruire jusque dans sa source : Bnin esse vobmt mali, nolunt esse veritatem qua damnantur malP : « Comme ils ne veulent
Var. (a) Ce que fait la haine par elle-même. — {b) Si vous le laissez expliquer avec sa liberté tout entière. — (c) Dit.