‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 30 sur 460 · Ps., r.wxvi , C · texte numérisé non relu

Ps., r.wxvi , C

parce que tu n'as pas connu le temps dans lequel je t'ai visitée. »

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Il n'y eut jamais de doctrine si extravagante que celle qu'enseignaient autrefois les Marcionites, les plus insensés hérétiques qui aient jamais troublé le repos de la sainte Eglise. Ils s'étaient figuré la Divinité d'une étrange sorte : car, ne pouvant comprendre comment sa bonté si douce et si bienfaisante pouvait s'accorder avec sa justice si sévère et si rigoureuse, ils divisèrent l'indivisible essence de Dieu, ils séparèrent le Dieu bon d'avec le Dieu juste. Et voyez, s'il vous plaît, chrétiens, si vous ouïtes jamais^ parler d'une pareille folie : ils étabhrent deux dieux , deux premiers principes ; dont l'un qui n'avait pour toute qualité qu'une bonté insensible et déraisonnable, semblable en ce point à ce dieu oisif et inutile des épicuriens, craignait tellement d'être incommode à qui [que] ce fût, qu'il ne voulait pas même faire de la peine aux méchants, et par ce moyen [a) laissait régner (b) le vice à son aise : d'où vient que Tertullian ^ le nomme « un dieu sous l'empire duquel les péchés « se réjouissaient : » Siib quo delicta gauderent^.

L'autre, à l'opposite, étant d'un naturel cruel et malin, toujours ruminant à part soi quelque dessein de nous nuire, n'avait point d'autre plaisir que de tremper, disaient-ils, ses mains dans le sang et tâchait de satisfaire sa mauvaise humeur par les délices de la vengeance : à quoi ils ajoutaient, pour achever cette fable, qu'un chacun de ces dieux faisait un Christ (c) à sa

Var. (o) Ainsi. — [b) Triompher. — (e) Messie.

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