Ed : nos imperfections el nos défauts
Irer ce qu'elle est, vient à nous manifester ce que nous sommes, alors, comme si elle avait perdu toute sa beauté en nous découvrant notre laideur, nous commençons aussitôt à la haïr, et ce beau miroir nous déplaît à cause qu'il est trop fidèle.
Étrange égarement de l'esprit humain, que nous souffrions en nous-mêmes si facilement des maux dont nous ne pouvons supporter la vue, que nous ayons les yeux plus tendres et plus délicats que la conscience, et que pendant que nous haïssons tellement nos vices que nous ne pouvons les voir, nous nous y plaisions tellement que nous ne craignions pas de les nourrir (a); comme si notre âme insensée mettait son bonheur à se tromper elle-même, et se délivrait de ses maux [b] en y ajoutant le plus grand de tous, qui est celui de n'y penser pas et celui même de les méconnaître! C'est, messieurs, un si grand excès qui fait que le Sauveur se plaint, dans mon texte, que le monde le hait à cause qu'il découvre ses mauvaises œuvres; et comme il n'est que trop vrai que nous sommes coupables du même attentat que Jésus-Christ a repris dans les Juifs ingrats, j'invoquerai^ aujourd'hui (c) toute la force du Saint-Esprit contre l'injustice des hommes qui haïssent la vérité, et [nous demanderons] (d) pour cela les puissantes intercessions de celle qui l'a conçue et qui l'a enfantée au monde; c'est la divine Marie que nous saluerons avec l'anse.
Vap.. (n) Fomenter. — (b) Péclié.<!. — (c) Il esl juste que nous invoiiuioiis. — ;rf) El que nous demandions,
1. Ed. : il est jusie que nous invoquias. Variante inlroduile dans le lexle.
AVE
-kTous ceux qui font maF, dit le Fils de Dieu, haïssent la lumière et craignent de s'en approcher (n) , à cause qu'elle découvre leurs mauvaises œuvres^.» S'ils haïssent la lumière, ils haïssent par conséquen t la vérité, qui est la lumière de Dieu et la seule qui peut éclairer les yeux de l'esprit. Mais afin que vous entendiez de quelle sorte et par quels principes se forme en nous cette haine de la vérité, écoutez une belle doctrine du grand saint Thomas, en sa seconde partie (6), où il traite expressément cette question ^
Il pose pour fondement que le principe de la haine, c'est la contrariété et la répugnance; tellement que les hommes ne sont capables d'avoir de l'aversion pour la vérité, qu'autant qu'ils la considèrent dans quelque sujet particulier où elle combat leurs inclinations. Or nous la pouvons considérer (c), ou en tant qu'elle réside en Dieu, ou en tant que nous la sentons en nous-mêmes, ou en tant qu'elle nous paraît dans les autres, et comme en ces trois états elle contrarie les mauvais désirs, elle est aussi Tobjet de la haine des hommes déréglés et mal vivants. Et en effet, chrétiens, ces lois immuables de la vérité sur lesquelles notre conduite doit être réglée, soit que nous les regardions en leur source, c'est-à-dire en Dieu, soit que nous les écoutions parler en nous-mêmes dans le secret de nos cœurs ^ soit qu'elles nous soient
Var. (n) Haï-sent la lumière, et ils ne s'en approchent pas. b) Que j'ai tirée d'un endioit où. — (c) Rej^ardcr.