Sap., XV
elles^ sont trop incompatibles, et [a] condamnent trop sévèrement ce que nous aimons (f/) : c'est pourquoi nous en éloignons la triste et importune pensée. Mais comme quelque effort que nous fassions pour détourner nos visages, de peur que la vérité ne nous éclaire de front, elle nous environne par trop d'endroits pour nous permettre d'éviter [c) tous ces rayons incommodes (^^ à moins que nous ne l'éteignions entièrement : nous en venons ordinairement, par nos passions insensées, à l'un de ces deux excès, ou de supprimer tout à fait en nous les vérités de la foi, ou bien de les falsifier et de les corrompre par des maximes erronées.
Je n'entreprends pas, chrétiens, de réfuter en ce lieu ceux qui détruisent la foi dans leurs cœurs^. Ceux qui ne veulent pas déférera Jésus-Christ et à son Église, qui sont les maîtres des sages, par un juste jugement de Dieu, sont renvoyés à l'expérience, qui est appelée si élégamment par^aint Grégoire de Nazianze'* « la maîtresse des téméraires et des insensés : » c'est le dernier argument sur lequel Dieu les convaincra. Car écoutez comme Dieu [e) parle à ceux qui ne voulaient pas se persuader de la rigueur de ses jugements, ni de la vérité de ses me-
Var. (a)Et se piésciilenl imporlunément et mal à propos parmi nos plai!^irs. — (b) Ce qui nous plaît. — (c) Par tant d'endroits jque nous ne pouvons éviter... à moins de les éteindre tout à fait... — {d) Qui nous troublent. — {e) II.
1. Ed. : elles se présentent importunément et mal à propos parmi nos plaisirs.
2. Ed. : incommodes, qui nous troublent. Ce n'élait pas le cas d'insérer la variante dans le texte.
3. Ed. : et je leur dirai seulement que si leur esprit emporté refuse de céder humblement à l'autorité de Jésus-Christ et de son Église, ils doivent craindre enfin la dernière preuve que Dieu réserve aux incrédules, je veux dire l'expérience. Phrase qui devait être, je le crois, renvoyée aux variantes et céder la place à l'addition marginale qui suit dans le texte.