‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 32 sur 460 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

« avoir que des adorateurs, a trouvé des adversaires : » At enim iit^ malum postea erupit, atque inde jam cœpit bonitas Dei cum adversano agei^e; « la justice divine a été « obligée de prendre un bien autre emploi". . . » Il a fallu quelle vengeât cette bonté méprisée; que du moins elle la fît craindre à ceux qui seraient assez aveugles pour ne l'aimer pas ...« Par conséquent, tu t'abuses, « Marcion, de commettre ainsi la justice avec la bonté, « comme si elle lui était opposée : au contraire, elle « agit pour elle, elle fait ses affaires, elle défend ses « intérêts : » Omne jmtitiœ opus, pj'ocuratio bonitatis est, dit TertuUian ^. Et voilà sans doute les véritables sentiments de Dieu notre Père touchant la miséricorde et la justice : ce qui étant ainsi, il n'y a plus aucune raison de douter que le Sauveur Jésus , l'envoyé du Père, qui ne fait rien que ce qu'il lui voit faire, n'ait pris les mêmes pensées.

Et sans en aller chercher d'autres preuves dans la suite de sa sainte vie, l'évangile que je vous ai proposé nous en donne une bien évidente. Mon Sauveur s'approche de Jérusalem; et, considérant l'ingratitude exfrême de ses citoyens envers lui, il se sent saisi de douleur, il laisse couler des larmes : a Ah ! si tu savais, s'écrie-t-il, ce qui « t'est présenté pour la paix! » Mais, hélas! tu es aveuglée. Si cognovisses^ : qui ne voit ici les marques d'une véritable compassion? C'est le propre de la douleur de

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