‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 335 sur 460 · Ms., f. no · texte numérisé non relu

Ms., f. no

G. S. Anyiist.j ibid., 4,

SECOND POINT

C'est un précepte du Sage de s'abstenir des eaux étrangères. « Buvez, dit-il, de votre puits et prenez l'eau « dans votre fontaine : » Bibe aquam de cisterna tua et fluentaputei tuP-. Ces paroles^ simples, mais mystérieuses, s'adressent, si je ne me trompe, à l'âme raisonnable faite à l'image de Dieu. Elle boit d'une eau étrangère, lorsqu'elle va puiser le plaisir dans les objets de ses sens; et le Sage lui veut faire entendre qu'elle ne doit pas sortir d'elle-même, ni aller détourner de quelque montagne écartée [a] les eaux, puisqu'elle a en son propre fonds une source (b) immortelle et inépuisable.

Il faut donc entendre, messieurs, cette belle et sage pensée. La source du véritable plaisir, qui fortifie le cœur de l'homme, qui l'anime dans ses desseins et le console dans ses disgrâces, ne doit pas être cherchée hors de nous, ni attirée en notre âme par le ministère des sens; mais elle doit jaillir au dedans du cœur, toujours pleine, toujours abondante. Et la raison, chrétiens, se prend de la nature de l'âme, qui ayant sans dou-le ses sentiments propres, a aussi par conséquent ses plaisirs à part; et qui étant seule capable de se réunir à l'origine du bien et à la bonté primitive, qui n'est autre chose que Dieu, ouvre en elle-même, en s'y appliquant, une source toujours féconde de plaisirs réels, lesquels certes quiconque a goûtés, il ne peut presque plus goûter autre chose, tant le goût en est délicat, tant la douceur en est ravissante.

D'où vient donc que le sentiment de ces plaisirs im-

Var. (rt) De bien loin. — {b) Fontaine*

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