‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 336 sur 460 · Prov.^ V · texte numérisé non relu

Prov.^ V

2, Ed. : Ccue pirole^

mortels est si fort éteint dans les hommes? Qui a mis à sec, qui a corrompu, qui a détourné* cette belle source? d'où vient que notre sane ne sent presque plus par les facultés qui lui sont propres, par la raison, par l'intelligence, et que rien ne la louche ni ne la délecte, que ce que ses sens lui présentent? Et en effet, chrétiens, chose étrange, mais trop véritable ! quoique ce soit à l'esprit de [aY connaître la vérité, ce qui ne se connaît que par l'esprit nous paraît un songe. Nous voulons voir, nous voulons sentir, nous voulons toucher. Si nous écoutions la raison, si elle avait en nous quelque autoi'ité, avec quelle clarté nous ferait-elle connaître [b) que ce qui est dans la matière n'a qu'une ombre d'être qui se dissipe, et que rien ne subsiste véritablement, effectivement, que ce qui est dégagé de ce principe de mort? Et nous sommes au contraire si aveugles et si malheureux, que ce qui est immatériel nous semble un fantôme [c) ^; ce qui n'a point de corps, une illusion ; ce qui est invisible, une pure idée, une invention agréable. 0 Dieu, (juel est ce désordre ! et comment avons-nous perdu le premier honneur de notre nature en nous (d) rangeant à* la ressemblance des animaux muets et déraisonnables? N'en recherchons^ point d'autre cause : nous nous sommes attiré nous-mêmes un si grand malheur; nous avons voulu goûter les plaisirs sensibles, nous avons perdu tout le goCit des plaisirs célestes; et il est arrivé, dit saint Augustin, par un grand et terrible

Var. (a) à. — (/*) Nous monlrerait-elle. — (c) Une ombre, (d) Uavilissant par.

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