Viv. : si tard
2. Dt'f. Vers. : Par conséquent , chrétiens. . le temps lui a manqué pour l'accomplir. Var. lî.
3. Ed. : L'un des plus grand malheurs de la vie mondaine y c'est qu'elle est toujours empressée. Deux lignes marquées d'un trait de plume. Bossuet les aura jugées inutiles.
SUR L'IMPENITENCE FINALE. 389
féconde en occupations, que la mort nous trouve encore empressés dans une intinité de soins superflus.
Sur ces principes, ô hommes du monde, venez, que je vous raconte votre destinée. Quelque charge que l'on vous donne, quelque établissement que l'on vous assure [à), jamais vous ne cesserez de prétendre : ce que vous croyez la tin de votre course, quand vous y serez arrivés, vous ouvrira inopinément une nouvelle carrière. La raison, messieurs, la voici : c'est que votre humeur (6) est toujours la même, et que la facilité se trouve [c] plus grande. Commencer, c'est le grand travail ; à mesure que vous avancez^ vous avez plus de moyens de vous avancer; et si vous couriez avec tant d'ardeur lorsqu'il fallait grimper par des précipices, il est hors de la vraisemblance que vous vous arrêtiez tout à coup quand vous aurez rencontré la plaine. Ainsi tous les présents de la fortune vous seront un engagement pour vous abandonner tout à fait à des prétentions infinies.
Bien plus, quand on cessera de vous donner, vou? ne cesserez pas de prétendre. Le monde, pauvre en efrets, est toujours magnifique en promesses; et comme la source des biens se tarit bientôt, il serait tout à fait à sec, s'il ne savait distribuer (d) des espérances. Et est-il homme (e), messieurs, qui soit plus aisé à mener bien loin qu'un qui espère, parce qu'il aide lui-même à se tromper (/")? Le moindre jour dissipe toutes ses ténèbres, et le console de tous ses ennuis : et quand même il n'y a plus aucune espérance, la longue habitude d'attendre toujours, que l'on a contractée à la cour, fait que Ion vit toujours en attente, et que l'on ne peut se défaire du titre de poursuivant, sans lequel on croirait n'être plus
Var. (a) Quoi qu'on vous donne, quoi qu'on vous assure. — (^)L'!îumeur. — (c) Est. — {d) S'il ne distribuait. — (e)I] n'y a point d'homme. — ( / ) A la tromperie.
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du monde. Ainsi nous allons toujours tirant après nous cette longue chaîne traînante de notre espérance; et avec cette espérance, quelle involution d'affaires épineuses t et à travers de ces affaires et de ces épines, que dépêchés! que d'injustices! que de tromperies! que d'iniquités enlacées! Vœ, qui trahitis iniquitatemin funiculis vanitatis^ ! « Malheur à vous, dit le prophète, qui traînez € tant d'iniquités dans les cordes de la vanité ! » c'est-àdire, si je ne me trompe, tant d'affaires iniques dans cet enchaînement infini de vos espérances trompeuses.
Que dirai-je maintenant, messieurs, de cette humeur inquiète, curieuse de nouveautés, ennemie du loisir, et impatiente du repos? d'où vient qu'elle ne cesse de nous agiter^ et de nous ôter (a) notre meilleur ^ en nous engageant d'affaire en affaire, avec un empressement qui ne finit pas? Une [maxime]^ très- véritable, mais mal appliquée, nous jette dans cet embarras ; la nature même nous enseigne que la vie est dans l'action. Mais (6)* les mondains, toujours dissipés, ne connaissent pas [c] l'efiicace de cette action paisible et intérieure qui occupe l'âme en elle-même; ils ne croient pas s'exercer {d) s'ils ne s'agitent, ni se mouvoir s'ils ne font du bruit : de sorte qu'ils mettent la vie dans cette action empressée et tumultueuse; ils s'abîment [é) dans un commerce éternel d'intrigues et de visites, qui ne leur laisse pas un moment à eux. Ils se sentent eux-mêmes quelquefois pressés, et se plaignent de cette contrainte : mais, chré-
Var. (a) Nous ravir. — {b) Donc. — (c) Ne sentent paa. — (d) Agir. — {e) Se jettent.
2. Viv. : de nous arjiter en nom engageant. 3 Dét,, Vers. : notre meilhur [bien'\.