Sap,, II
UR L'IMPENITENCE FINALE. 395
humeur est enjouée! que leur cotupagnie est désirable! Mais si vous laissez pousser cette racine, les épines sortiront bientôt ; car écoutez la suite de leurs discours : « Opprimons, ajoutent-ils, le juste et le pauvre : » Opprimamus pauperem justum^ . « Ne pardonnons point (a) à « la veuve » ni à l'orphelin. Quel est, messieurs, ce changement, et qui aurait jamais attendu d'une douceur si plaisante une cruauté si impitoyable ? C'est le génie de la volupté : elle se plaît à opprimer le juste et le pauvre, le juste qui lui est contraire, le pauvre qui doit être sa proie; c'est-à-dire, on la contredit, elle s'effarouche; elle s'épuise elle-même, il faut bien qu'elle se remplisse par des pilleries; et voilà cette volupté si commode, si aisée et si indulgente, devenue cruelle et insupportable. Vous direz sans doute, messieurs, que vous êtes bien éloignés de ces excès; et je crois facilement qu'en cette assemblée et à la vue d'un roi si juste, de telles inhumanités n'oseraient paraître : mais sachez que l'oppression des faibles et des innocents n'est pas tout le crime de la cruauté. Le mauvais riche nous fait bien connaître qu'outre cette ardeur furieuse [b] ' qui étend les mains (c) aux violences [df, elle a encore la dureté qu ferme les oreilles aux plaintes, les mains au secours et les entrailles à la compassion ^ C'est, messieurs, cette dureté qui fait des voleurs sans dérober , et des meurtriers sans verser du^ sang. Tous les saints Pères disent, d'un commun accord, que ce riche inhumain de notre Évangile a dépouillé le pauvre Lazare, parce qu'il ne la
Var. (a) Ni. — [b) Violente. — (c) Les bras. — {d) Aux rapines,