‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 358 sur 460 · Viv. : qui étend les bras aux rapines · texte numérisé non relu

Viv. : qui étend les bras aux rapines

4. Ed. : les entrailles à la co ipasùun et les mains au secours, b. Ed. : de sang.

39G SUR L'IMPEîslTENGE FINALE.

pas revêtu; qu'il l'a égorgé cruellement, parce qu'il ne Ta pas nourri : Quia non pavisti, occidisti^. Et cette dureté meurtrière est née de son abondance et de ses délices.

0 Dieu clément et juste ! ce n'est pas pour cette raison que vous avez communiqué aux grands de la terre un rayon de votre puissance ; vous les avez faits grands pour servir de pères à vos pauvres; votre providence a pris soin de détourner les maux de dessus leur tête, afin qu'ils pensassent à ceux du prochain; vous les avez mis à leur aise et en liberté, afin qu'ils fissent leur affaire du soulagement de vos enfants : et leur grandeur, au contraire, les rend dédaigneux ; leur abondance, secs; leur félicité, insensibles; encore qu'ils voient tous les jours non tant des pauvres et des misérables, que la misère elle-même et la pauvreté en personne, pleurante et gémissante à leur porte ^.

Je ne m'en étonne pas, chrétiens; d'autres pauvres plus pressants et plus affamés ont gagné les avenues les plus proches, et épuisé les libéralités à un passage plus secret. Expliquons-nous nettement : je parle de ces pauvres intérieurs qui ne cessent de murmurer, quelque soin qu'on jjrenne de les satisfaire, toujours avides, toujours affamés (a) dans la profusion et dans l'excès même; je veux dire nos passions et nos ** convoitises. C'est en vain, ô pauvre Lazare ! que tu gémis à la porte, ceux-ci sont déjà au cœur; ils ne s'y présentent pas, mais ils l'assiègent; ils ne demandent pas, mais ils arrachent. 0 Dieu ! quelle violence! Représentez-vous, chrétiens, dans une sédition, une populace furieuse, qui demande arro-

Var. (a) Qui crient toujours à la faim.

Page 1