‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 395 sur 460 · Viv. : Phrase rejelée dans les notes · texte numérisé non relu

Viv. : Phrase rejelée dans les notes

110 SUR L'AMIîlTlON.

dit Ja même Écriture, apprit le beau jugement que le roi avait rendu; et ils craignirent le roi^ voyant que la sagesse de Dieu était en lui ^ » Sa mine haute et relevée le faisait aimer : sa justice^ le fait craindre de cette crainte de respect qui ne détruit pas l'amour, mais qui le rend plus retenu et plus circonspect. Les bons respirent sous sa protection, les méchants appréhendent ses yeux et son bras; et il résulte de ce beau mélange une certaine révérence qui a je ne sais quoi de religieux, et dans laquelle consiste le véritable caractère de la;majesté.

Mais, messieurs, il faut finir et vous dire que la puissance, après avoir fait son devoir en soutenant la justice, a encore une dernière obligation qui est celle de soulager la misère. En effet, ce n'est pas en vain que Dieu fait luire sur les grands du monde un rayon de sa puissance toujours bienfaisaiïte. Ce grand Dieu en les revêtant de l'image de sa gloire, les a aussi obligés à imiter sa bonté; et ainsi, dit excellemment saint Grégoire de Nazianze ^ prêchant à Constantinople en présence de l'empereur, ils doivent se montrer des Dieux en secourant les affligés et les misérables.

J'ai remarqué dans les saintes Lettres que Dieu se moque souvent des idoles qui portent si injustement le titre de dieux; mais entre les autres reproches par lesquels il se rit des peuples aveugles qui leur donnent un nom si auguste, celui-ci me semble fort considérable : « Où sont vos dieux, leur dit-il, dans lesquels vous avez mis votre confiance? » Ubi sunt diieorum, in quitus habebant fiduciam ? Si ce sont des dieux véritables, « qu'ils

1. m Reg., m, 28 : Audïvit itaqtœ omnis Israël judicium qiiod judicasset rex, et timuerunt refjem vidcntes sapientiam Dei esse in eo ad faciendum judicium.

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