Zach., XI
pas que Dieu vous ait élevée à ce haut degré de puissance pour votre propre agrandissement. S?sî7Mer<'5, per aliam occasionem liberabuntur Judœi, et tu et domus patris tui peribitis^. Si peu que nous ayons de puissance, nous en rendrons compte à sa justice. C'est le talent précieux, lequel si l'on manque de faire valoir pour le service de Dieu et le bien de sa famille, on est relégué par sa sentence aux ténèbres extérieures où est l'horreur et le grincement de dents.
Considérons donc, chrétiens, tout ce que Dieu a mis en nous de pouvoir; et le regardant en nos mains comme le talent dont nous devons compte, prenons une sainte résolution de le faire profiter pour sa gloire, c'est-à-dire pour le bien de ses enfants. Mais en formant en nous un si saint désir, prenons garde à l'illusion que l'ambition nous propose. KUe nous propose de grands ouvrages; mais pour les accomplir, nous ditelle, il faudrait avoir du crédit et être dans les grandes places. C'est l'appât ordinaire des ambitieux *. Ils plaignent le public, ils se font les réformateurs des abus, deviennent sévères censeurs de tous ceux qu'ils voient dans les dignités. Pour eux... que de beaux desseins pour l'État ! Que degrandes pensées pour l'Église! Au milieu de ces beaux desseins et de ces pensées chrétiennes, on s'engage dans l'amour du monde, on prend l'esprit de ce siècle, on devient mondain et ambitieux (a) ; et quand [on est] arrivé au but, il faut attendre les occasions, et ces occasions ont des pieds de plomb, elles n'arrivent jamais : [Cumque officio] perfrui sœculariter cœperit, libenter obUviscilur quidquid religiose cogitavit ^ : et peu à peu
Var. (a) Us réforment déjà l'État et l'Église. Que de sages règlements pour un diocèse! Que de pensées charitables! Que de desseins salutaire.*! Us s'engagent Lien avant dans des poursuites ambitieuses; et quand,..
1. Esther, iv, 13. En marge : t Pourquoi veulent-ils avoir beaucoup de puissance? » Et encore : a Voyez suite de l'Écriture : que les supplices pa.«senl la vie. »
2. Ici un texl emprunté à saint Grégoire le Grand {Régula Pastorum, I, 9), dont Dossuet ne cite exactement que les derniers mots, operaluros se magna pertraclant. Déloris supplée et traduit.