Ed. : et de l'autre côté
G. Ed. : Ces condescendances.
SUR L'ARDEUR, DE LA PÉîsITENCE. 487
Premièrement, chrétiens, je dis que le pécheur s'éloigne de Dieu, et il n'y a page de son Écriture en laquelle il ne lui reproche cet éloignement. Mais, sans le lire dans l'Écriture, nous pouvons le lire dans nos consciences : c'est là que les pécheurs doivent reconnaître les deux funestes démarches par lesquelles ils se sont séparés de Dieu. Ils Pont éloigné de leurs cœurs, ils l'ont éloigné de leurs pensées; ils l'ont éloigné du cœur, en retirant de lui leur affection. Veux-tu savoir, chrétien, combien de pas tu as faits pour te séparer de Dieu? compte tes mauvais désirs, tes affections dépravées, tes attaches, tes engagements, tes complaisances pour la créature. Oh ! que de pas il a faits, et qu'il s'est avancé {a) malheureusement dans ce funeste voyage, dans cette terre étrangère 1 Dieu n'a plus de place en son cœur : et pour l'amour de son cœur, la mémoire, trop fidèle amie et trop complaisante pour ce cœur ingrat, l'a aussi banni de son souvenir : il ne songe ni au mal présent qu'il se fait lui-même par son crime, ni aux terribles approches du jugement [b) qui le menace. Parlez-lui de son péché: — Eh bien, « j'ai péché, dit-il hardiment; et que m'est-il ar- « rivé de triste ^? » — Que si vous pensez lui parler du jugement à venir, cette menace est trop éloignée pour presser sa conscience à se rendre : In longum differuntuv dies... et in tempora longa iste prophetat ^. Parcequ'il a oublié Dieu, il croit que Dieu l'oublie et ne songe plus à punir ses crimes : Dixit enim in corde suo : Oblitus est Deus ^; de sorte qu'il n'y a plus rien désormais qui rappelle Dieu en sa pensée, parce que le péché, qui est le
Var. (a) Et que tu t'es avancé. — {b) De l'avenir,