‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 45 sur 460 · Matth., XXVI · texte numérisé non relu

Matth., XXVI

2. Le mot a ici toute la force de son acception primitive : déraison, folie.

hommes seront^ ses sujets. Or, encore que nous fassions semblant d'être chrétiens, et qu'à nous entendre parler, on pût croire que nous tenons ce titre à honneur, si est-ce'^ néanmoins que nous n'épargnons rien pour empêcher que cet oracle divin ne soit véritable. Et certainement il s'en faut beaucoup que le Sauveur ne règne sur nous : puisque d'observer sa loi, c'est la moindre de nos pensées. Et toutefois, comme il serait très-injuste qu'à cause de notre malice, le Fils de Dieu fût privé d'un honneur qui lui est si bien dû; lorsque par nos rébellions il semble que nous nous retirions de son empire, il trouve bien le moyen d'y rentrer par une autre voie. Le Fils de Dieu donc peut régner en deux façons sur les hommes.

Il y en a sur lesquels il règne par ses propres charmes^ par les attraits de sa grâce, par l'équité de sa loi, par la douceur de ses promesses, par la force de ses vérités : ce sont les justes, ses bien-aimés : et c'est ce règne que David prophétise en esprit au psaume XLIV ^ : « Allez, «c ô le plus beau des hommes , avec cette (a) grâce et « cette beauté qui vous est si naturelle; allez-vous-en, « dit-il, combattre et régner : » Specie tua et pulchritudine tua ^. Que cet empire est doux, chrétiens! et de quel supplice, de quelle servitude ne seront pas dignes ceux

Var. (o) Voire.

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