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qui refuseront une domination si juste et si agréable? Aussi le Fils de Dieu régnera sur eux d'une autre manière, bien étrange, et qui ne leur sera pas supportable : il y régnera par la rigueur de ses ordonnances, par l'exécution de sa justice, par l'exercice de sa vengeance. C'est de ce règne [qu'Jil faut entendre le psaume II, dans lequel Dieu est introduit parlant à son Fils en ces termes : « Vous les régirez, ô mon Fils, avec un sceptre « de fer, et vous les romprez tout ainsi qu'un vaisseau « d'argile : » Reges eos in virga ferrea, et sicut vas figuli confringes eos'^. Et de ces vérités, nous en avons un exemple évident dans le peuple juif.
Le Fils de Dieu vient à eux dans un appareil de douceur, plutôt comme leur compagnon que comme leur maître. C'était un homme sans faste et sans bruit, le plus paisible qui fût au monde; il voulait régner sur eux par sa miséricorde et par ses bienfaits, ainsi que je vous le disais tout à l'heure. Mais comme il n'y a point de fontaine dont la course soit si tranquille, à laquelle on ne fasse prendre par la résistance la rapidité d'un torrent : de même le Sauveur, irrité par tous ces obstacles que les Juifs aveugles opposent à sa bonté, semble déposer en un moment toute cette humeur pacifique. C'est ce qu'il leur fit entendre une fois, étant près de Jérusalem, par une parabole excellente, rapportée en saint Luc; dans laquelle il se dépeint soi-même sous la figure d'un roi [a) qui, s'en étant allé bien loin dans une terre étrangère, apprend que ses sujets se sont révoltés contre lui; et, pour vous le faire court, voici la sen-
Var. (a) Comme un roi.
1. Ps.y II, 9. — Puis Hossuet indique trois autres versets de l'Écriture : Donec ponam inimicos \tnos scabellum pediim tuonan'\. — Domimis regnavit. — Irascaniiir popidi, que D. Déforis complète et traduit en renvoyant au5 Ps. cix, 2, xcvi, l,xcviii, i.
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ience qu'il leur prononce : « Pour mes ennemis, dit-il ^^ « qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux, qu'on « me les amène, et qu'on les égorge en ma présence : » où, certes, vous le voyez bien autre que je ne vous le représentais dans ma première partie. Là, il ne pouvait voir un misérable qu'il n'en eût pitié : ici, il fait venir ses ennemis, et les fait égorger à ses yeux.
En effet, il a exercé sur les Juifs une punition exemplaire, que vous voyez clairement déduite dans notre évangile : et d'autant qu'il m'a semblé inutile de chercher bien loin des raisons, où mon propre texte me fournit un exemple si visible et si authentique dans la désolation de Jérusalem, je me suis résolu de me servir des moyens que le Fils de Dieu lui-même semble m'avoir mis à la main. Je m'en vais donc employer le reste de cet entretien à vous représenter, si je puis, les ruines de Jérusalem encore toutes fumantes du feu de la colère divine : et comme vous avez reconnu, dans notre première partie, qu'il n'y a rien de plus aimable que les embrassements du Sauveur, j'espère qu'étant étonnés dans le fond de vos consciences d'un événement si tragique, vous serez contraints d'avouer qu'il n'y a rien de plus terrible que de tomber en ses mains, quand sa bonté, surmontée par la multitude des crimes, est devenue implacable : pour cela, je toucherai seulement les principales circonstances.
Jérusalem, demeure de tant de rois, qui, dans le temps qu'elle fut ruinée, était sans difficulté la plus ancienne ville du monde, et le pouvait disputer en beauté avec celles qui étaient les plus renommées dans tout l'Orient; pendant deux mille et environ deux cents ans qui ont mesuré sa durée, a certainement éprouvé