‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 48 sur 460 · Luc, XIX, 12 seqq · texte numérisé non relu

Luc, XIX, 12 seqq

beaucoup de différentes fortunes : mais nous pouvons toutefois assurer que, tandis qu'elle est demeurée dans l'observance de la loi de Dieu, elle était la plus paisible et la plus heureuse ville du monde. Mais déjà il y avait longtemps qu'elle se rendait de plus en plus rebelle à ses volontés, qu'elle souillait ses mains par le meurtre de ses saints prophètes, et attirait sur sa tète un déluge de sang innocent qui se grossissait^ tous les jours; jusques à tant que ses iniquités étant montées jusques au dernier comble , elles contraignirent enfin la justice divine à en faire un châtiment exemplaire. Comme donc Dieu avait résolu que cette vengeance éclatât par tout l'univers, pour servir à tous les peuples et à tous les âges d'un mémorial éternel, il y voulut employer les premières personnes du monde, je veux dire les Romains, maîtres de la terre et des mers, Yespasian^ et Tite, que déjà il avait destinés à l'empire du genre humain : tant il est vrai que les plus grands potentats de la terre ne sont, après tout, autre chose que les ministres de ses conseils !

Et afin que vous ne croyiez pas que ce débordement de l'armée romaine dans la Judée soit plutôt arrivé par un événement fortuit, que par un ordre exprès de la Providence divine, écoutez la menace qu'il en fait à son peuple par la bouche de son serviteur Moïse; c'est-à-dire plusieurs centaines d'années ^ avant que ni Jérusalem ni Rome fussent bâties; elle est couchée au Deutéronome, chapitre XXYIII : « Israël, dit Moïse, si tu résistes « jamais aux volontés de ton Dieu, il amènera sur toi, « des extrémités de la terre, une nation inconnue, dont

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