‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 51 sur 460 · Ed. : mis fin à · texte numérisé non relu

Ed. : mis fin à

expédition, resta toute sa vie tellement étonné des marques de la vengeance divine, qu'il avait si évidemment découverte dans la suite de cette guerre, que, quand on le congratulait d'une conquête si glorieuse : « Non, non, « disait-il, ce n'est pas moi qui ai dompté les Juifs; je « n'ai fait que prêter mon bras à Dieu, qui était irrité « contre eux^ » Parole que j'ai d'autant plus soigneusement remarquée, qu'elle a été prononcée par un empereur infidèle, et qu'elle nous est rapportée par Philostrate, historien profane, dans la vie d'Apollonius Tyaneus. Après cela, chrétiens, nous qui sommes les enfants de Dieu, comment ne serons-nous point effrayés de ses jugements, qui étonnent jusques à ses ennemis?

Mais ce n'est ici que la moindre partie de ce qu'il prépare à ce peuple : vous allez voir tout à l'heure quelles machines il fait jouer, quand il veut faire sentir la pesanteur de son bras aux grandes villes et aux nations tout ^ entières; et Dieu veuille que nous n'en voyions pas quelque funeste exemple en nos jours 1 Non, non, nation déloyale , ce n'est pas assez, pour te punir, de l'armée des Romains: non [que] les Romains, jel'avoue, ne soient («) de beaucoup trop forts pour toi ; et c'est en vain que tu prétends défendre ta liberté contre ces maîtres du monde. Mais, s'ils sont assez puissants pour te surmonter, il faut quelque chose déplus pour t'affliger ainsi que tu le mérites : que deux ou trois troupes de Juifs séditieux entrent donc dans Jérusalem, et qu'elle en devienne la proie, afin que tous ensemble ils deviennent la proie des Romains.

0 Dieu, quelle fureur! l'ennemi est à leurs portes, et e vois dans la ville trois ou quatre^ factions contraires

Var. («) Les Romains, jel'avoue, sont.

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