‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 58 sur 460 · Levit., XXVI, 19. Ms. : desuper ferreum · texte numérisé non relu

Levit., XXVI, 19. Ms. : desuper ferreum

Ce fut cet endurcissement qui fit opiniâtrer les Juits contre les Romains, contre la peste, contre la famine, contre Dieu qui leur faisait la guerre si ouvertement; cet endurcissement, dis-je, les fit tellement opiniâtres, qu'après tant de désastres il fallut encore prendre leur ville de force : ce qui fut le dernier trait de colère que Dieu lança sur elle. Si on eût composé, à la faveur de la capitulation, beaucoup de Juifs se seraient sauvés: Tite lui-même ne les voyait périr qu'à regret. Or il fallait à la justice divine un nombre inlîni de victimes; elle voulait voir onze cent mille hommes couchés sur la place, dans le siège d'une seule ville : et après cela encore, poursuivant les restes de cette nation déloyale, iP les a dispersés par toute la terre : pour quelle raison? Comme les magistrats, après avoir fait rouer quelques malfaiteurs, ordonnent que l'on exposera en plusieurs endroits, sur les grands chemins, leurs membres écartelés, pour faire frayeur aux autres scélérats; cette comparaison vous fait horreur : tant y a que Dieu s'est comporté à peu près de même. Après avoir exécuté sur les Juifs l'arrêt de mort que leurs propres prophètes^ leur avaient, il y avait si longtemps, prononcés, il les a épandus^ çà et là parmi le monde, portant de toutes [parts] imprimée sur eux la marque de sa vengeance.

Peuple monstrueux, qui n'a ni feu ni lieu, sans pays, et de tout pays; autrefois le plus heureux du monde, maintenant la fable et la haine de tout le monde; misérable sans être plaint de qui que ce soit; devenu, dans sa misère, par une certaine malédiction, la risée des plus modérés. Ne croyez pas toutefois que ce soit mon intention d'insulter à leur infortune : non ; à Dieu ne plaise

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