Ed. : peuveJit
que nous serions bien insensés d'oublier la tempête qui a submergé les Juifs, puisque nous voyons à nos yeux des restes de leur naufrage, que Dieu a jetés, pour ainsi dire, à nos portes^ : et ce n'est pas pour autre raison que Dieu conserve les Juifs; c'est afin de faire durer l'exemple de sa vengeance. Enfin il est bien étrange que nous aimions mieux nous-mêmes peut-être servir d'exemple, que de faire profit de celui des autres ^.
Quand nous ne verrions dans le peuple juif qu'une grande nation qui est tout à coup renversée, ce serait assez pour nous faire craindre la même Tpunition^ particulièrement en ces temps de guerre, où sa justice nous poursuit et nous presse si fort. Mais si nous considérons que c'est le peuple juif, autrefois le peuple de Dieu, auquel nous avons succédé, qui fait^ la figure de tout ce qui doit nous arriver, selon que l'enseigne l'Apûtre * : nous trouverons que cet exemple nous touche bien plus près que nous ne pensons; puisque, étant l'Israël de Dieu et les vrais enfants de la race d'Abraham, nous devons hériter aussi bien des menaces que des promesses qui leur sont faites.
Mais il faut, ô pécheur ! il faut que j'entre avec toi aans une discussion plus exacte; il faut que j'examine si tu es beaucoup moins coupable que ne sont^ les Juifs. Tu me dis qu'ils n'ont pas connu le Sauveur : et toi, penses-tu le connaître? Je te dis en un mot, avec l'apôtre saint
1. A nos yeux, à nos portes : allusion directe aux Juifs qui habitaient Metz.
2. M. Lâchât a eu raison de supprimer la phrase suivante, que Déforis avait conservée dans le texte , bien qu'elle soit effacée dans le manuscrit : « La main de Dieu est sur nous trop lisiblement pour ne le pas reconnaître ; et il est temps désormais que nous prévenions sa juste fureur par la pénitence. »