‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 61 sur 460 · Eu. : que ne le sont · texte numérisé non relu

Eu. : que ne le sont

Jean, que « qui pèche ne le connaît pas, et ne sait qui il ^ « est : » Qui peccat, non mdit eum, nec cognovit eum ^. Tu l'appelles ton Maître et ton Seigneur; oui, de bouche : tu te moques de lui; il faudrait le dire du cœur. Et comment est-ce que le cœur parle? Par les œuvres : voilà le langage du cœur; voilà ce qui fait connaître ses intentions. Au reste, ce cœur, tu n'as garde de le lui donner ; tu ne le peux pas : tu dis toi-même qu'il est engagé ailleurs dans des liens que tu appelles bien doux. Insensé, qui trouves doux ce qui te sépare de Dieu t et après cela, tu penses connaître son Fils. Non, non, tu ne le connais pas ; seulement tu en sais assez pour être damné davantage : comme les Juifs, dont les rébellions ont été punies plus rigoureusement que celles des autres peuples, parce qu'ils avaient reçu des connaissances plus particulières.

Mais, direz-vous, les Juifs ont crucifié le Sauveur. Et ignorez-vous, ô pécheurs ! qui foulez aux pieds le sang de son testament, que vous faites pis que de le crucifier; que, s'il était capable de souffrir, un seul péché mortel lui causerait plus de douleur que tous ses supplices? Ce n'est point ici une vaine exagération; il faut brûler toutes les Écritures, si cela n'est vrai : elles nou? apprennent qu'il a voulu être crucifié, pour anéantir le péché; par conséquent, il n'y a point de doute qu'il ne lui soit plus insupportable que sa propre croix. Mais je vois bien qu'il faut vous dire quelque chose de plus : je vais ^ avancer une parole bien hardie, et qui n'en est pas moins véritable. Le plus grand crime des Juifs n'est pas d'avoir fait mourir le Sauveur : cela vous étonne; je le prévoyais bien; mais je ne m'en dédis pourtant pas;

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