Déf. Vers. : plutôt de
parmi tant d'objets étrangers, dans le jeu, dans les compagnies, dans l'avarice, dans la débauche. Je rentrerai en moi, du moins à ce carême qui nous touche de près : j'étudierai mes voies; je chercherai la règle sur laquelle je me dois former; et comme il ne peut y en avoir d'autre que vos saints et justes commandements, je tournerai mes pas du côté de vos témoignages : c'est ma dernière et irrévocable résolution, que vous confirmerez, s'il vous plaît, par votre grâce toute-puissante; c'est elle qui me fera trouver le repos, où je viens de rencontrer le bon ordre, et où je trouvais tout à l'heure la vérité et la certitude ; et pour vous en convaincre, fidèles, c'est par où {a] je m'en vais finir ce discours.
TROISIÈME POINT
Je ne pense pas, chrétiens, après les belles maximes que nous avons, ce me semble, si bien établies par les Écritures divines, qu'il soit nécessaire de recommencer une longue suite de raisonnements, pour vous faire voir que notre repos est dans l'observance exacte de la loi de Dieu. Contentons-nous d'appliquer ici, par une m.éthode facile et intelligible [b), la doctrine que, par la miséricorde de Dieu, nous avons aujourd'hui expliquée ; cette vérité paraîtra dans son évidence ^
Var. (a) C'est par là que. — (b) Appliquons seulement ici.
1. Ed. : et faisons, pour l'édification de cette audience, paraître cette vérité... La confusion du manuscrit oblige à lire dans la pensée de Bossuet. Voici ma leçon : l'orateur écrit d'abord : « Appliquons seulement ici la doctrine que par la miséricorde de Dieu nous vous avons expliquée. Celte vérité paraîtra dans son évidence. » Il veut remplacer celle dernière proposition, et met : ^ Faisons avec une méthode facile, pour l'édification de cette audience... « Puis il s'interrompt et fait porter sa correction sur le début de la phrase : o Contentons-nous d'appliquer ici par une méthode facile et intelligible. » Déforis, qui
Chaque chose commence à goûter son repos, quand elle est dans sa bonne et naturelle constitution. Vous avez été tourmenté d'une longue et dangereuse maladie; peu à peu vos forces se rétablissent, et les choses reviennent au juste tempérament; cela vous promet un prochain repos: et comment donc notre âme ne jouirait-elle pas d'une grande tranquillité, après que la loi de Dieu a guéri toutes ses maladies? La loi de Dieu étabht l'esprit dans une certitude infaillible; si bien que, les doutes étant levés et les erreurs dissipées, non par l'évidence de la raison, mais par une autorité souveraine, plus inébranlable et plus ferme que nos plus solides raisonnements, il faut que l'entendement acquiesce. Et de même la volonté ayant trouvé sa règle immuable, qui coupe et qui retranche ce qu'il y a de trop en ses mouvements, ne doit-elle pas rencontrer une consistance tranquille, et une sainte et divine paix? C'est pourquoi le Psalmiste disait : «Les justices de Dieu sont droites et réjouissent le € cœur^ » Elles réjouissent le cœur, parce qu'elles sont droites, parce qu'elles règlent ses affections, parce qu'elles le mettent dans la disposition qui lui est convenable et dans le véritable point où consiste sa perfection.
Quelle inquiétude dans les choses humaines 1 on ne sait si on fait bien ou mal : on fait bien pour établir sa fortune, on fait mal pour conserver sa santé; on fait bien pour son plaisir, mais on ne contente pas ses amis: et de même des autres choses. Dans la soumission à la loi de Dieu, on fait absolument bien, on fait bien sans
ne l'entend pas ainsi , tombe dans un double inconvénient : pour restituer par conjeclure une seule phrase, il y ajoute et il en retranche quelque chose. La phrase a, j'en conviens, très- peu d'importance, mais la question de méthode en a davantage, 1. Ps., xviii, 9.
limitation, parce que, quand on tait ce bien, tout le reste est de peu d'importance; en un mot, on fait bien, parce qu'on suit le souverain bien : et comment est-il possible, fidèles, de n'être pas en repos en suivant le souverain bien ? quelle douceur et quelle tranquillité à une âme ! Il vous appartient, ô grand Dieu ! en qualité de souverain bien, de faire le partage des biens à vos créatures; mais heureuses mille et mille fois les créatures dont vous êtes le seul héritage! c'est là le partage de vos enfants, que par votre bonté ineffable vous assemblez près de vous dans le ciel. Mais nous, misérables bannis, bien que nous soyons éloignés de notre céleste patrie, nous ne sommes pas privés tout à fait de vous ; nous vous avons dans votre loi sainte, nous vous avons dans votre divine parole. 0 que cette loi est désirable M ô que cette parole est douce ! « Elle est plus douce que le miel à ma « bouche ^ disait le prophète David; elle est plus désire rable que tous les trésors '. x> Et considérez, en effet, chrétiens, que cette loi admirable est un éclat de la vérité divine et un écoulement de cette souveraine bonté. Ne doutez pas que cette fontaine n'ait retenu quelque chose des qualités de sa source : « Votre serviteur, 6 mon « Dieu! observe vos commandements, chante amoureuse sèment le Psalmiste; il y a une grande récompense à « les observer: y> In custodiendis ilUs retrihutio multa^. « Ce n'est pas en autre chose, dit saint Augustin; mais « en cela même que l'on les observe, la rétribution
1. Bossuet écrivait un peu plus haut : imagine, au lieu d'imige ; iî écrit ici : désidérable {desiderabilia super aurum. dit le Psalmisle); ces inadvertances sont nombreuses dans les manuscrits de sa jeunesse, et contribuent à montrer combien les formes latines étaient familières à son esprit.