Ibid
« y est grande, parce que la douceur y est sans « égale ^ »
Mes frères, je vous en prie, considérons un homme de bien dans la simplicité de sa vie : il ne gouverne point les États, il né manie point les affaires publiques, il n'est point dans les grands emplois de la terre, comme sont les grands et les politiques : vous diriez qu'il ne fasse rien en ce monde; il ne sait pas les secrets de la nature, il ne parle pas du mouvement des astres; ces hauts et sublimes raisonnements peut-être passeront sa portée : sa conduite nous paraît vulgaire, et cependant, si nous avons entendu les choses que nous avons dites, il est régi par une raison éternelle, il est gouverné par des principes divins; sa conduite, appuyée sur la parole de Dieu, est plus ferme que le ciel et la terre, et plutôt tout le monde sera renversé, qu'il soit confondu dans ses espérances. Dans les affaires du monde, chacun recherche divers conseils qui nous embarrassent souvent dans de nouvelles perplexités; il chante sincèrement avec le Psalmiste : « Mon conseil, ce sont vos témoignages : » Consilium meum justificationes tuœ^ ; ou bien, comme dit saint Jérôme : Amici met justificationes tuœ : « Vos témoignages, ce sont mes amis. » Ceux que nous croyons nos meilleurs amis nous trompent très-souvent, ou par infidélité, ou par ignorance : l'homme de bien, dans ses doutes, consulte ses amis fidèles, qui sont les témoignages de Dieu; ces amis sincères et véritables lui enseignent ce qu'il faut faire («) et le conseillent pour la vie éternelle. Heureux mille et mille fois d'avoir trouvé de si bons amis ! par là il se rira de la perfidie qui règne dans
Var. {a) La vérité